dimanche 5 avril 2020

Remarque à Caroline Roux et Axel de Tarlé, C dans l'air du 10 mars 2020, coronavirus et Tchernobyl



De : Robert Baschwitz, Gérard Lépine et Jean-Luc Salanave

Trois amis, anciens du nucléaire
Le 4 avril 2020



C dans l’air, à l’attention de
Madame Caroline Roux
et de Monsieur Axel de Tarlé
Maximal Productions
7 rue du Dôme, 92100 Boulogne Billancourt


Chère Madame, cher Monsieur,

C dans l’air est l’une de nos émissions préférées de réflexion sur l’actualité. Nous vous le devons, ainsi qu’aux experts et invités dont vous savez vous entourer. L’un d’eux est Alain Bauer, professeur de criminologie et spécialiste de gestion de crise, à qui vous avez fait appel dès que l’épidémie de coronavirus s’est propagée en Europe.

Nous sommes membres d’une association d’anciens du nucléaire.

Nous tenions à vous faire part d’une exception à notre satisfaction : lors de C dans l’air du 10 mars 2020, Alain Bauer a dit : « le virus il est là [...] et ce n'est pas comme le nuage de Tchernobyl: il ne s'est pas arrêté à la frontière » ajoutant qu’avec le coronavirus nos autorités ne pouvaient plus comme à l’époque « raconter d'énormes mensonges à la télévision. »

Nous aurions tant aimé que vous le repreniez afin de ne pas accréditer une fois de plus ce canular médiatique honteux tant de fois répété au point que l’opinion en est venue à le prendre pour la réalité.

Nous nous sommes dit : si à l’avenir l’un des invités de C dans l’air utilisait à nouveau cette contre-vérité célèbre, Caroline Roux ou Axel de Tarlé pourraient rectifier:“Ca ne s’est pas passé comme on raconte, et certains ont déjà été condamnés pour des propos jugés diffamatoires sur la gestion du fameux nuage ».

En quelques phrases, voici un rappel de la réalité :

- Le directeur du Service Central de Protection contre les Rayonnements Ionisants (SCPRI), chargé des mesures, et aussi de l’information du public, était lors de Tchernobyl (1986) le Professeur Pierre Pellerin. Il était un homme d’une rigueur remarquable, concerné par la réalité scientifique plus que par l’effet que pourraient avoir ses paroles sur l’opinion. Pour avoir suivi toutes les retombées sur la France des bombes atomiques lancées par les Etats-Unis, l’URSS, le Royaume-Uni, la France et la Chine, et constaté les effets sanitaires sur les populations, il était mieux que tout autre en mesure de se prononcer sur les retombées de Tchernobyl. Dès le 2 mai il fut le premier à annoncer (dans Libération) que « l’augmentation de radioactivité était enregistrée sur l’ensemble du territoire ». Il en a publié ensuite toutes les mesures heure par heure : tout le contraire donc d’un « nuage arrêté à la frontière ».

- Une semaine plus tard, dans un contexte où les Allemands s’interdisaient la commercialisation des fruits et légumes au nom d’un principe de précaution avéré plus tard excessif, quelqu’un de la météo française, sans penser à mal, a utilisé cette formule incongrue : “Le nuage s’est arrêté à la frontière”. Elle fut comme on le sait reprise par tous les médias … alors que la seule chose que la frontière avait en fait arrêtée fut la panique d’outre Rhin avec son cortège d’avortements inutiles.

- Mais la formule, trop tentante, fut « montée en épingle » et certains l’ont utilisée abondamment pour accuser le Professeur Pellerin et les autorités françaises de mentir quand cela les arrangeait.

- Noël Mamère et France 2 font partie de ces accusateurs. Ils ont été condamnés pour diffamation en première instance, en appel, et en cassation. Peu de publicité a été faite à ces jugements.

Il ne s’agit pas d’en refaire un sujet de débat, c’est de l’histoire ancienne. Mais il conviendrait, chez les personnes éminentes que vous côtoyez, que vous puissiez rétablir la vérité chaque fois qu’elle se trouverait de nouveau écorchée.

Merci d’avance, et nos plus vives félicitations pour la qualité de votre émission.


Jean-Luc Salanave              Robert Baschwitz                      Gérard Lépine



PS. Nous nous tenons à votre disposition si vous avez un jour besoin d’un des experts de notre réseau pour défendre dans votre émission une certaine vision de la transition énergétique dans laquelle l’électronucléaire compte parmi les énergies d’avenir au service de l’humanité, parmi celles respectueuses du climat, de l’environnement, des ressources naturelles et des citoyens contribuables.