jeudi 15 avril 2021

Lettre au Président Macron pour intégrer l'énergie nucléaire dans la taxonomie climatique européenne

Lettre adressée le 15/04/2021 à Emmanuel Macron, Président de la République
Palais de l'Élysée, 55 rue du Faubourg-Saint-Honoré, 75008 Paris

Par le collectif Energie Durable des 3000 citoyens signataires de la pétition "pour une électricité d'origine nucléaire" 



Monsieur le Président de la République,

Dans votre courrier du 17 mars à la Commission Européenne, vous avez, avec 6 autres Chefs d’États Membres, fait connaître votre juste exigence que l’énergie nucléaire soit incluse dans la taxonomie des sources d’énergie décarbonées pouvant bénéficier de financements privilégiés.

Or, la Commission s’apprête toujours à soumettre au parlement et au Conseil un acte excluant le nucléaire.

Chaque kilowattheure solaire qui remplace un kilowattheure nucléaire dans notre pays augmente d’un facteur dix ses émissions de CO2 (réf 1) : pourtant le solaire est inclus dans le projet de taxonomie !

Pire, chaque kilowattheure produit à partir de gaz naturel émet cent fois plus de CO2 que le même kilowattheure nucléaire : pourtant la Commission entend inclure le gaz dans la taxonomie, au mépris de l’Accord de Paris pour le Climat, sous la pression de l’Allemagne, plus gros pollueur européen, qui s’apprête à confier son avenir énergétique au gaz russe du très controversé gazoduc nordstream2.

Nous sommes un collectif de 3000 citoyens signataires de la pétition «une électricité d'origine garantie nucléaire: c'est mon geste pour le climat » (réf 2). Plus nombreux que les 150 de la Convention Citoyenne pour le Climat, nous vous proposons ci-dessous une solution elle aussi citoyenne et responsable.

D’une part, nous vous assurons de notre soutien à votre demande que le nucléaire soit de toute urgence inclus dans la taxonomie européenne et que nos représentants à Bruxelles parlent d’une même voix.

D’autre part, et en gage de contrepartie pour l’Europe, nous consommateurs, confiants dans notre patrimoine nucléaire, sommes prêts à ce que la France abandonne ses tarifs réglementés de vente de l’électricité, dérogatoires au bon sens européen de la concurrence. Cet abandon permettrait de rendre caduques les coûteuses contreparties concédées à Bruxelles que sont l’ARENH, le projet Hercule d’EDF et le renouvellement des concessions hydrauliques, nuisibles aux consommateurs et à notre industrie.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre engagement citoyen et écologique responsable et de notre profonde considération.

Jean-Luc Salanave
Porte parole du collectif Energie Durable

1 Photovoltaïque 56 gCO2/kWh , nucléaire 4 gCO2/kWh, gaz 440 gCO2/kWh (sources ADEME et EDF)

2 Change.org, collectif Energie Durable, https://www.change.org/électricité-origine-garantie-nucléaire

vendredi 26 mars 2021

Coûts de démantèlement nucléaire: ERRATUM adressé au journal La Croix

 ERRATUM adressé au journal La Croix le 26 mars 2021 au sujet des erreurs publiées la veille sur les coûts du démantèlement nucléaire:


Au journal La Croix:

Une erreur s'est glissée dans la rubrique "vers une taxe carbone" de votre courrier des lecteurs du 25 mars. Il est écrit que les coûts futurs de démantèlement et de stockage ne sont pas inclus dans les coût affichés de l'électricité nucléaire et que "ces coûts n'ont certainement pas été inclus dans le prix auquel on nous facture cette électricité". C'est faux. En France la loi encadre très strictement les provisions imposées aux exploitants nucléaires pour ces dépenses futures, qui sont vérifiées par la Cour des Compte qui en publie régulièrement l'état. Depuis 40 ans les consommateurs ont payé environ 0,2 centimes d'euros par kWh pour constituer ces provisions, somme dérisoire et indolore sur nos factures mais qui a déjà permis de mettre de coté la quarantaine de milliards d'euros qui permettront de réaliser ces opérations sans puiser dans le budget de l'Etat ni dans la poche des contribuables.

Jean-Luc Salanave


PS: j'autorise La Croix à publier mon correctif ci-dessus dans un prochain courrier.
Bien cordialement

dimanche 21 mars 2021

Quelles énergies dans le futur ? Débat Jean-Luc Salanave - Philippe Murer

Invité dans les studios de TV Libertés (une web TV classée très à droite, qui affiche plus de 300000 abonnés - dont je ne fais pas partie, et plus de 2,5 millions de vues par semaine) ce débat sur les énergies de demain, mis en ligne le 19/03/21, s'inscrit dans la série des "Dessous de la Science", animée par Nicolas Faure, qui a le mérite d'accepter que soient abordés sans filtre idéologique ni politique les vérités scientifiques sur l'écologie et l'énergie, y compris celles qui vont à l'encontre des idées reçues parfois véhiculées par les médias (en particulier les médias qui, concernant l'énergie nucléaire, préfèrent en amplifier les inconvénients plutôt que d'informer sur ses avantages).

Ce débat de 55 minutes aborde le futur énergétique, proche et plus lointain, les renouvelables, le nucléaire, la surgénération, le thorium, l'hydrogène, la fusion, croissance et décroissance, énergie et civilisation ... (il commence à 7'45'' de la vidéo):

Jean-Luc Salanave 

mercredi 3 mars 2021

Lettre de PNC-France au Président de la République sur la politique énergétique

 Je recommande la lecture de cette lettre de Bernard Accoyer, ancien Président de l'Assemblée Nationale, Président de la toute nouvelle association pronucléaire PNC-France (Patrimoine Nucléaire et Climat), adressée au Président Macron (en PJ).

Elle dénonce les opinions qui "l'ont emporté sur les faits" et reprend des arguments que nous sommes nombreux à défendre et qui nous conduisent à rejoindre, de plus en plus nombreux, l'association PNC qui compte déjà des personnalités de toutes sensibilités politiques, comme Jean-Pierre Chevènement, Julien Aubert ou Arnaud Montebourg.

Ce qui est nouveau dans celle lettre, ce sont les accusations formulées de noyautage par des antinucléaires des services des ministères, de l’administration ou des organismes sensés éclairer les décideurs politiques, ce qui n'est pas rien. Elle met en accusation des membres du gouvernement à qui il est reproché de ne pas suivre la ligne du Président et de l'intérêt général.

Jean-Luc Salanave

mercredi 10 février 2021

Passoires thermiques mission impossible, heureusement il y a une solution infaillible ! (courrier à La Croix)

 Courrier de lecteur soumis par JLS au journal La Croix suite à son article du 10/02/2021: "Climat, vers l'obligation de rénover les logements"


Passoires thermiques mission impossible, heureusement il y a une solution infaillible !

La rénovation des passoires thermiques est décrite comme mission impossible (50000 euros par logement selon E. Macron, 25 milliards par an pendant 30 ans, soit 750 milliards) ! Pire elle ne laisse espérer qu’une réduction à terme d’à peine un tiers des émissions CO2 de nos chauffages, qui représentent aujourd’hui 18 % des émissions de CO2 de la France. Mais alors pourquoi privilégier cette solution coûteuse et peu efficace alors qu’il existe une solution miracle, indolore et radicale sur le CO2 ?! C’est la solution préconisée par EDF qui réclame depuis des années le feu vert pour construire 6 réacteurs nucléaires dédiés au chauffage : obliger le remplacement de tous les chauffages au gaz ou au fuel par des chauffages électriques fera passer de 18 % à moins de 2 % les émissions CO2 de notre chauffage. Comment ? Parce que un kWh nucléaire n’émet pas de CO2 (à peine 4 gCO2/kWh nucléaire EDF contre plus de 300 gCO2/kWh gaz). De quoi résoudre une bonne fois pour toutes le problème climatique de nos chauffages (sans que ça ne nous empêche d’isoler tranquillement nos maisons) ! Il ne restera plus, pour atteindre la neutralité carbone en 2050, qu’à éliminer les carburants fossiles de nos transports.

Jean-Luc Salanave

(courrier non encore publié par La Croix à ce jour)

mercredi 3 février 2021

Soutien à la consultation publique pour la valorisation des déchets très faiblement radioactifs 03/02/2021

Position prise par J-L Salanave à la consultation publique du ministère de la Transition écologique et solidaire, relative à la mise en œuvre d’opérations de valorisation de substances radioactives (déchets très faiblement radioactifs):

Du 04/01/2021 au 04/02/2021: http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/projets-de-textes-relatifs-a-la-mise-en-oeuvre-d-a2279.html#forum639746


EXCELLENTE initiative, tous les pays soucieux d’économie circulaire le font déjà, par Jean-Luc SALANAVE , le 3 février 2021 à 17h39

Pourquoi avoir tant attendu ! Pratiquement partout en Europe et ailleurs ces déchets TFA sont valorisés et recyclés. Les ressources de la planètes ne sont pas infinies ! D’ailleurs il n’y pas que pour les métaux de faible radioactivité que le recyclage est vertueux et sans danger. Il y a tous les autres déchets TFA pour lesquels le recyclage doit devenir la règle et le stockage l’exception.
Il faudra aussi faire de même un jour avec tous les déchets des capteurs photovoltaïques et des éoliennes qui sont actuellement sans solutions de recyclage. Arrêtons enfin de léguer nos déchets à nos petits enfants.
Donc OUI, mon soutien est total.

mardi 22 décembre 2020

Commentaire adressé à UFC-Que Choisir sur son encouragement biaisé à consommer de l'énergie verte

Le 11/12/2020 UFC-QUE CHOISIR de la REGION de VERSAILLES publiait:  "Faut-il favoriser la consommation d’énergie verte ?" (https://www.ufc78rdv.fr/node/674)

Voici mon commentaire de consommateur (adressé à UFC le 23/12/20):

A l'attention des responsables d'UFC-Que Choisir:

Bonjour,

Votre antenne de Versailles a publié, sous le titre "Faut-il favoriser la consommation d’énergie verte ?" (https://www.ufc78rdv.fr/node/674), un conseil qui parait pour le moins critiquable, venant d'une officine dont la mission est d'informer objectivement le consommateur.

Cette publicité que vous faites à l'électricité verte, en vous parant du vernis d'une source officielle (vous vous référez à juste titre au rapport CRE de novembre 2020), est biaisée et ment au consommateur par omission.

Certes vous posez la bonne question: "L’achat d’électricité verte favorise-t-il la transition énergétique en remplaçant, par exemple, des centrales à charbon par de l’éolien ou du solaire ?" Mais vous sous-entendez que la réponse est oui, alors que c'est évidemment NON: chacun sait que cette électricité verte remplace de l'électricité nucléaire déjà décarbonée, et, pire, qu'elle oblige la France non pas à arrêter mais à redémarrer ses centrales à charbon comme Cordemais (pourtant condamnées par l'Accord de Paris), afin de compenser l'intermittence du solaire et de l'éolien ainsi que l'arrêt de la centrale nucléaire de Fessenheim.

Par ailleurs, sur les certificats verts vous oubliez de dénoncer l'hypocrisie qui se cache derrière leur validité de 12 mois que vous citez: à savoir qu'un certificat solaire acheté en été peut très bien être revendu de nuit (!) et en hiver "collé" à des kWh nucléaires ARENH (à condition que ce soit sous 12 mois) !! Le consommateur a le droit de le savoir.

J'apprécierais que vous puissiez publier mon commentaire, et aussi en tenir compte pour rectifier à l'avenir l'éclairage que vous vous efforcez, souvent avec justesse, de donner à nos concitoyens.

Sur le fond, je pense que ce serait tout à l'honneur d'UFC-Que Choisir que de reconnaitre enfin le rôle des plus vertueux du nucléaire, pour le consommateur que vous défendez, comme pour le climat et l'environnement, et de faire fi des pressions désormais d'un autre âge qu'ont pu exercer les lobbys gaziers et charbonniers ainsi que les spéculateurs des renouvelables, avides de subventions, dont les consommateurs sont précisément les premières victimes.


Cordialement.
Jean-Luc Salanave

 

vendredi 4 décembre 2020

Créer un mécanisme de fourniture d’électricité d’origine garantie nucléaire

 Pétition n°241 déposée le 7 décembre 2020 sur le site de l'Assemblée Nationale (https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-241):

Mesdames, Messieurs les députés,

Constatant qu’il existe en France un mécanisme de garantie d’origine renouvelable de l’électricité (mais pas de mécanisme de garantie d’origine nucléaire),

Constatant que l’électricité renouvelable (photovoltaïque et éolienne) nécessite des subventions massives par les contribuables, et estimant que ces subventions ne sont pas prioritaires face à l’effort national que va demander la sortie de la crise sanitaire Covid-19,

Constatant que l’électricité renouvelable, de par sa substitution à de l’électricité nucléaire, dégrade les émissions de CO2 de notre électricité (le nucléaire EDF en émettant 10 fois moins que le solaire),

Constatant que notre parc nucléaire offre aux consommateurs français une des électricités les moins chères d’Europe et un niveau de sûreté exemplaire (sans accident majeur depuis plus de 40 ans),

Constatant que les Ministres de la Transition Écologique et de la Justice créent un « délit d’écocide »,

Constatant que la fermeture en juin 2020 de la centrale nucléaire de Fessenheim sans justification technique, économique ni sécuritaire va provoquer annuellement l’émission de plusieurs millions de tonnes de CO2 supplémentaires (car compensée par la nouvelle centrale allemande à charbon de Datteln et la prolongation des centrales à charbon françaises désormais indispensables pour limiter les risques de pannes hivernales),

Constatant que vous n’avez pas pu empêcher le « délit d’écocide » que semble constituer l’arrêt de Fessenheim,

Constatant qu’un mécanisme (ARENH) permet aux concurrents d’EDF d’accéder à bas prix au quart de la production nucléaire d’EDF pour la mettre sur le marché des consommateurs (souvent « repeinte en renouvelable » par des certificats verts),

je demande que soit créé un mécanisme de fourniture d’électricité d’origine garantie nucléaire pour tous les citoyens souhaitant soutenir cette électricité (non importée, non intermittente), pour ceux désireux d’apporter leur contribution à l’effort national de reconstruction industrielle, énergétique et écologique de notre pays, à la réduction de notre pollution climatique, et à la préservation de la biodiversité et des ressources naturelles.

Jean-Luc Salanave, le 04/12/2020, collectif « www.change.org/électricité-origine-garantie-nucléaire»

mercredi 25 novembre 2020

"La face cachée des énergies vertes": BRAVO Arte mais peut mieux faire !

 Réaction de Jean-Luc Salanave au documentaire d'Arte "la face cachée des énergies vertes" du 24 novembre 2020 à 20h50:

https://www.arte.tv/fr/videos/084757-000-A/la-face-cachee-des-energies-vertes/


Oui, ce reportage est à voir. C'est une bonne nouvelle et toute à l'honneur d'Arte, chaine connue du public pour ses positions écolos souvent à la limite d'une idéologie "verte" plutôt radicale lorsqu'il s'agit d'énergie. Ce reportage dévoile enfin tous les travers et les pollutions de la voiture électrique, du solaire photovoltaïque et de l'éolien, tous trois finalement bien moins "propres" qu'ils n'y paraissent, à cause des matériaux rares qu'ils nécessitent et à cause du contenu CO2 de l'électricité dans certains pays.
Sans surprise, en revanche, Arte n'a pas osé finir sa démonstration en terminant la phrase qui précède: ... dans certains pays SAUF LA FRANCE. Péchant par omission, le reportage d'Arte, par ailleurs remarquable, n'a jamais réussi à dire que le nucléaire était la solution écologique à la plupart des échecs de la transition renouvelable qu'il dénonce. Interviewé, Jean Syrota parvient à y dire qu'une voiture électrique avec de l'électricité carbonée allemande ou chinoise n'a pas de sens écologiquement, mais la suite logique de sa pensée, à savoir que la voiture électrique avec de l'électricité nucléaire française décarbonée est parfaitement viable climatiquement, cette suite logique est absente de façon si ASSOURDISSANTE qu'on se demande si Arte ne l'a pas "coupée" !

JLS

jeudi 12 novembre 2020

Terrorisme: le sujet est-il la radicalisation ou simplement le respect de la vie?

 (réaction adressée au journal La Croix le 12/11/2020 - non publiée à ce jour)

Radicalisation (La Croix du 12 novembre 2020): chaque fois que le terrorisme, en France ou ailleurs dans le monde, endeuille la société, la radicalisation est présentée comme l’ultime fléau à combattre. Mais est-ce bien le bon combat ? Ou est-ce bien le bon mot ? Ne devrait-on pas combattre plutôt et avant tout la criminalisation ? Ce mal qui fait qu’un citoyen se transforme en criminel et tue son prochain. Les radicalisations religieuse, sociale, politique, idéologique ne sont elles pas que des formes inévitables, bien qu’extrêmes, de la liberté d'expression et de pensée dans une société démocratique ? On peut y classer les intégrismes, qu’ils soient catholique, islamiste ou d’autres religions. On peut même voir dans le blasphème ou la caricature des formes de radicalisation. Mais ce qu’aucune radicalisation ne devrait pouvoir justifier c’est l’assassinat d’innocents: aucun humain ne devrait pouvoir s’en octroyer le droit. C’est ce principe et ce combat qui devraient être enseignés dès l’école aux plus petits. Il dépasse largement les valeurs de la République (liberté, égalité, fraternité) car il relève simplement de la valeur humaine la plus essentielle, ni plus judéo-chrétienne que musulmane ou bouddhiste ... juste humaine, qu'est le respect de la vie.

Jean-Luc Salanave

L’hydrogène (produit avec du) nucléaire est-il vert ?

 (réaction adressée au journal La Croix le 11/09/2020 - non publiée à ce jour):

L’hydrogène (produit avec du) nucléaire est-il vert ?

Mettre cette question aux « débats » de La Croix du 9 septembre, c’est déjà reconnaître que la réponse peut être « oui ». Or, ce débat, qui donnait comme de coutume la parole à deux opinions opposées, a laissé le lecteur sans réponse claire: vert ou pas vert ? Le défenseur des atouts du nucléaire n’a pas pu lâcher un « oui » franc, préférant rester « prudent » à cause des positions trop « crispées à tel point qu’il est désormais impossible d’aborder le sujet dans un débat public ». La défenseure du « non », si elle a sans surprise affiché une position anti-nucléaire, a involontairement apporté un argument au camp du « oui » en affirmant à propos de l’hydrogène : « L’enjeu est de décarboner sa production, donc de le produire à partir d’énergies renouvelables – solaire, éolien », oubliant que le solaire émet 10 fois plus de CO2 (56gCO2/kWh selon l’Ademe) que le nucléaire (6gCO2/kWh) ce qui logiquement inverse en faveur du nucléaire sa conclusion. Pour excuser son erreur, un sondage BVA de 2019 montrait que nous étions 69 % de français à ne pas savoir que solaire photovoltaïque et éolien sont plus nocifs pour le climat que l’electro-nucléaire !

Jean-Luc Salanave

samedi 24 octobre 2020

JT de TF1: la France préfère la pollution par le charbon à l'excellence de l'électro-nucléaire

Dans le JT du 23 octobre 2020 à 20h15, TF1 "ose" enfin afficher la vérité au grand jour: la fermeture aberrante de la centrale nucléaire de Fessenheim en juin dernier oblige la France à recourir au charbon pour assurer sa production électrique !

C'est un véritable sabotage de l'Accord de Paris: cette électricité, précédemment respectueuse de l'environnement alors qu'elle était produite par Fessenheim depuis 40 ans, a vu en effet multiplier par plus de 100 ses émissions de CO2 après l'arrêt de cette centrale en juin 2020 (1000 grammes par kWh pour le charbon contre 4 à 6 grammes par kWh hier pour feu-Fessenheim).

En pleine crise du Covid, et mieux que tous les avertissements restés sans effet des spécialistes, ce flash de 3 minutes révèle enfin, à une heure de grande écoute, les dégâts causés par un autre virus, le "virus anti-nucléaire", dont une forme finalement assez grave a contaminé nos cinq dernier(e)s Ministres de l'Environnement!

Ce "virus", tous les spécialistes en avaient prédit les risques depuis le funeste accord électoral de François Hollande en 2012, signé pour acheter les voix écolo qui, certes, lui manquaient pour être élu, mais payées en différé huit ans plus tard, non pas par les comptes de campagne du candidat, mais avec l'argent des citoyens consommateurs d'électricité, payé aussi avec les emplois sacrifiés à Fessenheim, et surtout avec la santé de ceux qui respirent désormais les gaz et les poussières de combustion du charbon dénoncé par TF1.

3 min à regarder et à diffuser abondamment:  https://www.tf1.fr/tf1/jt-we/videos/energie-pourquoi-la-france-a-allume-ses-centrales-a-charbon-69242083.html

 

lundi 31 août 2020

Message de rentrée à Mme Barbara Pompili, Ministre

rédigé par Jean-Luc Salanave pour l'association ARSCA d'anciens du nucléaire:

Fraîchement nommée au prestigieux Ministère de la Transition Écologique en juillet 2020, la souriante Barbara Pompili et ses décisions vont être très attendues en cette rentrée de septembre.

Certes, notre association savante n’attend pas de la Ministre qu’elle en sache autant que nous sur les réalités scientifiques de l’énergie et de la transition écologique. D’ailleurs, si Barbara Pompili n’a pas plus de formation scientifique dans ce domaine que ses prédécesseurs récents à ce poste, elle a néanmoins l’expérience de l’écologie politique et idéologique, de par son passé à EELV.

Le manque de connaissances des réalités scientifiques ne devrait pas être un handicap pour une Ministre, dont on attend qu’elle sache s’entourer, s’appuyer sur ceux qui savent, pour prenne les bonnes décisions pour notre pays et l’intérêt général.

Elle va pourtant devoir corriger certaines de ses opinions sur l’énergie et s’approprier rapidement les faits et les réalités. En effet, dans ce domaine de l’énergie qui est le notre, ses dernières affirmations de juin (juste avant qu’elle ne soit nommée Ministre) avaient de quoi nous alerter.


Barbara Pompili30 juin 2020
Sur son compte facebook, la future Ministre écrivait (www.facebook.com/pompilibarbara/posts/2668265726773987:
« La fermeture de Fessenheim entraîne des questions légitimes, mais aussi son lot de fake news... Les réacteurs de Fessenheim ont 42 ans. Pour rappel, les réacteurs nucléaires ont été prévus au départ pour 40 ans, car comme pour n’importe quelle autre technologie, les risques de sûreté augmentent avec l’âge. Pour aller au-delà de 40 ans, les réacteurs doivent respecter les exigences de la 4ème visite décennale, la VD4. Anticipant sa fermeture, EDF n’a pas fait les travaux à Fessenheim pour répondre à ces exigences. En l’état il n’est donc pas possible qu’elle continue à fonctionner... Enfin, beaucoup de contre-vérités circulent actuellement. Il n’est aucunement question en France d’ouvrir des centrales à charbon (au contraire nous les fermons) mais bien de rééquilibrer un mix décarboné, afin de le rendre plus résilient. C’est-à-dire : Remplacer une partie du nucléaire par des énergies renouvelables et des économies d’énergie ».

Effectivement, que de fake news Madame dans vos propos !

Non, l'âge n'est pas le critère pertinent de fermeture des réacteurs: c'est la sûreté ou l'obsolescence économique (à 23€ du MWh l'électricité de Fessenheim serait restée longtemps imbattable, même pour la meilleure technologie solaire achetée en Chine, et même sans les exorbitants coûts de stockage ou d'intermittence encore inconnus).

Non, 40 ans n'est pas une limite obligatoire puisque des réacteurs du type de Fessenheim obtiennent des autorisations pour 80 ans aux USA.

Si, Fessenheim a bien engagé sa 4ème visite décennale et aurait été autorisée à prolonger son exploitation de 10 ans par l'ASN (moyennant travaux qu'EDF a décidé de ne pas effectuer pour rien, ayant déjà effectué "pour rien" les travaux post-Fukushima de renforcement du radier dès 2013).

Pierre-Franck Chevet, patron de l'ASN, avouait au Figaro (26/10/2018): "Fessenheim est la centrale EDF qui présente les meilleurs résultats en terme de sûreté...", la considérant comme l'une des centrales "les plus sûres de France".

Non, nous ne fermons pas toutes nos centrales à charbon puisque celle très polluante de Cordemais (qu'il était prévu de fermer) a dû être prolongée pour compenser l'arrêt de Fessenheim, en complément de l'énorme nouvelle centrale à charbon allemande de Datteln récemment démarrée elle aussi pour compenser les kWh nucléaires exportés depuis des années de Fessenheim vers l'Allemagne.

Votre rôle de Ministre va être essentiel pour aider notre Président, à l'approche de la prochaine présidentielle, à réconcilier les "verts" anti-nucléaires et les écologistes pro-nucléaires, sans sacrifier l’intérêt général, économique, social et surtout climatique de notre pays.

JLS, 31/08/2020

mercredi 13 mai 2020

Covid-19 ou pas, l'électricité "verte" reste masquée

Dernière nouvelle en ligne, publiée le 13/05/2020 par UARGA: ICI

Covid ou pas, l'électricité "verte" reste masquée

Une des conséquences inattendues du covid-19 aura été de rappeler que les offres d’électricité verte sont sous l’assistance d’une « perfusion » d’électricité nucléaire.

Quel rapport avec le covid ? C’est que la crise sanitaire a provoqué un effondrement de la demande en électricité. Du coup, des fournisseurs alternatifs d’électricité se sont prétendus en difficulté. Comme Total, Engie et des dizaines d’autres (dont certains affichent même une offre « 100 % renouvelable »), ces fournisseurs revendent de l’électricité nucléaire dite ARENH* achetée à EDF à un prix pourtant imbattable et encore hors de portée des meilleures énergies renouvelables, soit 4,2 centimes par kilowattheure.

Quelle raison auraient-ils donc de se plaindre ? C’est que le covid vient de faire tomber le prix de marché au-dessous de 3 centimes par kilowattheure. Une aubaine pour ces traders d’électricité purement financiers. Certes, ils se sont, en échange du prix bas, engagés ferme à acheter l’électricité nucléaire commandée. Mais, certains seraient prêts à rompre leur engagement ARENH en invoquant une « force majeure covid» pour s’enrichir un peu plus encore, spéculant sur la crise sanitaire en s’approvisionnant sur le marché déprimé.

En difficulté ? Du coup pas tant que ça ! Le grand perdant financièrement et industriellement c’est EDF, par ailleurs admirable pour assurer sa mission durant la crise. Tandis que pour ses concurrents le pile ou face avec le gouvernement reste gagnant-gagnant,

Côté pile, ils ont le privilège de profiter à prix coûtant de la rente nucléaire ARENH, laissant les soucis industriels à EDF. Mais en pleine crise Madame la Ministre Elisabeth Borne se devait de sauver les apparences et prévenait donc ces fournisseurs privilégiés (le 7 avril) qu’ils feraient mieux de ne pas « remettre en cause les volumes d'ARENH qu'ils avaient achetés », ni d’« essayer de tirer profit de la situation ». C’est bien la moindre des choses, quand on sait que dans une crise tout enrichissement supplémentaire des uns entraîne mathématiquement l’appauvrissement des autres dont in fine les contribuables.

Et, côté face, un autre privilège leur est discrètement maintenu : ces fournisseurs restent autorisés à peindre en « vert » cette électricité nucléaire, en toute légalité, en y « collant » des certificats de garantie d’origine renouvelable qui leur sont par ailleurs vendus aux enchères par … l’État !

Comment ce dernier se procure-t-il ces certificats ? Chaque fois que l’État prélève sur nous consommateurs les taxes qui subventionnent chaque kilowattheure renouvelable (CSPE hier, TICPE sur les carburants aujourd’hui) il s’octroie les lucratifs certificats d’origine verts correspondants en échange de la subvention qu’il accorde aux producteurs. Il serait en effet indécent que les producteurs d’électricité renouvelable puissent prétendre conserver à la fois le certificat vert et la subvention, sans laquelle leur électricité photovoltaïque et éolienne serait invendable.

En plein tintamarre autour du covid-19 l’État continue donc à tromper le consommateur. Et au vu de ces profits « verts » si bien protégés, le citoyen a aussi toutes raisons d’être inquiet sur la réelle volonté de nos dirigeants de faire contribuer la « finance verte » à l'effort national de reconstruction économique imposé demain à notre industrie, à EDF, à nos PME, commerçants, artisans, travailleurs et soignants. Et surtout, Monsieur le Président, ayez le courage de mettre un terme aux profits dits « verts » qui ne réduisent pas nos émissions de CO2.

JLS

*note ARENH : Accès Régulé à l’Electricité Nucléaire Historique, dispositif imposé à la France par l’Europe et dont bénéficient les fournisseurs électriques concurrents d’EDF depuis 2011 (73 demandes ont été adressées à la CRE pour 2020).

PS : si vous souhaitez agir pour le climat nous vous rappelons l’existence d’une pétition :
« Mon geste pour le climat: je veux un contrat électrique d'origine garantie 100% nucléaire»

jeudi 9 avril 2020

Urgence sanitaire, urgence climatique, vraies et fausses priorités: lettre ouverte à Sophie Primas (Présidente de la Commission Economique du Sénat)


Lettre ouverte à Madame Sophie PRIMAS, Présidente de la Commission Economique du Sénat,

Madame la Présidente,

Mardi 7 avril 2020, à l’occasion de l’audition de Madame Élisabeth Borne, ministre de la transition écologique et solidaire sur l’incidence de la crise du Covid-19 sur la politique énergétique et climatique du Gouvernement, vous avez affirmé ceci (https://www.senat.fr/presse/cp20200407b.html):

"A la crise sanitaire s’ajoute une crise énergétique, qui est une mauvaise nouvelle pour le climat et la diversification de notre mix énergétique; elle affectera notamment la rentabilité des acteurs de l’énergie, et donc leurs capacités d’investissement, seules à même de permettre l’essor des énergies renouvelables".

Les citoyens attachés à la réussite de notre transition énergétique autant qu’à la justice sociale ne peuvent qu’être surpris par de tel propos. Cette « crise énergétique » que vous associez à la crise sanitaire et qualifiez de « mauvaise nouvelle pour le climat » peut encore se transformer en une bonne nouvelle pour ce dernier. Quand à ce que vous qualifiez de mauvaise nouvelle pour « la diversification de notre mix énergétique » vous conviendrez que ça démontre simplement que le « roi est nu » et que cette diversification érigée en totem est en fait inutile à notre transition et au climat (mais pas à la « finance verte »).

Certes, comme le rappelle votre Commission, il n’est pas question que l’urgence sanitaire, priorité de tous aujourd'hui, fasse oublier l’urgence climatique lorsque viendra le temps du dé-confinement et de la reconstruction.

Mais une fois surmontée la crise du covid-19, puissions nous demain ré-affirmer clairement la véritable priorité climatique, l’élimination des combustibles fossiles avant 2050, et reporter à plus tard les fausses priorités, comme la diversification du mix énergétique, inutile pour la crise sanitaire, inutile pour réduire le CO2 et coûteuse pour le citoyen.

La priorité pour notre pays c’est d’arrêter de brûler du gaz, du pétrole et du charbon. Dans les transports (1ère cause d’émission de CO2 en France) c’est de passer au tout électrique. Dans le chauffage c’est d’abandonner le gaz et le fuel. Tout le contraire de la diversification du mix (réclamée par les influents lobbies de nos fournisseurs gaziers et pétroliers étrangers, comme par certains états jaloux de notre réussite énergétique).

La crise a montré aussi la futilité des électricités photovoltaïque et éolienne (dont les équipements sont d’ailleurs eux aussi importés), incapables ces jours ci de fournir, ni en France ni en Allemagne, la fée électricité nécessaire à toute heure du jour et de la nuit aux hôpitaux et aux activités vitales. D’ailleurs, outre aux soignants, hommage est aussi rendu, tous les soirs, et à juste titre, à ceux qui assurent de façon admirable le fonctionnement des centrales électriques pilotables.

La diversification n’est pas une fin en soi, plutôt une mode, à laquelle on peut certes consacrer 7 milliards d’euros par an en temps normal quand on est riche, mais dont les 121 milliards d’euros déjà gagés (et déjà dénoncés par la Cour des Comptes avant la crise) vont devenir indécents à l’heure de la reconstruction de l’économie, ces milliards étant en outre sans grande valeur ajoutée climatique ! Il faudra en déclarer un moratoire.

De la même façon que nous aurions dû conserver notre stock de masques médicaux constitué il y a 10 ans ne jetons pas trop tôt nos réacteurs nucléaires : il sont sûrs, amortis et répondent présent quand on en a besoin. L’arrêt d'un premier réacteur en état de marche le 22 février, au seul motif d’honorer un accord électoral de 2011, commence à faire réfléchir !

La priorité, comme l’ont affirmé la « Commission Aubert » et la Cour des Comptes, n’est plus à la « diversification du mix » ni à « l’essor des énergies renouvelables », mais bien, comme l’avait affirmé le Président Macron, à la lutte contre le CO2, le gaz, l’essence et le charbon.

Jean-Luc SALANAVE


Urgence sanitaire d’abord, climatique ensuite (réaction JLS à La Croix du 9/4/2020)

Courrier adressé à La Croix le 9/4/2020 (pour l'instant non publié):


Urgence sanitaire d’abord, climatique ensuite

L’urgence sanitaire ne devra pas faire oublier l’urgence climatique lorsque viendra le temps du dé-confinement et de la reconstruction. C’est ce que rappelle le Sénat (La Croix du 9 avril 2020). La crise du covid 19 nous conduira-t-elle à ré-affirmer la vraie priorité, l’élimination des combustibles fossiles avant 2050, et à reporter les fausses priorités, comme la mode de la diversification du mix énergétique, peu utile pour réduire le CO2 et coûteuse pour le citoyen. La priorité c’est d’arrêter de brûler du gaz, du pétrole et du charbon ; dans les transports (1ère cause d’émission de CO2 en France), c’est de passer au tout électrique. Tout le contraire de la diversification réclamée par les importateurs gaziers et pétroliers. La crise a montré aussi la futilité des électricités photovoltaïques et éoliennes (dont les équipements sont d’ailleurs eux aussi importés), incapables de fournir, en France ou en Allemagne, la fée électricité à toute heure du jour et de la nuit aux hôpitaux et aux activités vitales. Hommage est d’ailleurs rendu aussi, tous les soirs, et à juste titre, à ceux qui assurent de façon admirable le fonctionnement des centrales pilotables. La diversification n’est pas une fin en soi, plutôt une mode, à laquelle on peut certes consacrer 7 milliards d’euros par an en temps normal quand on est riche, mais dont les 121 milliards d’euros déjà gagés (et déjà dénoncés par la Cour des Comptes avant la crise) vont devenir indécents à l’heure de la reconstruction de l’économie, qui plus est sans grande valeur ajoutée climatique ! De la même façon que nous aurions dû conserver notre stock de masques constitué il y a 10 ans ne jetons pas trop tôt nos réacteurs nucléaires : il sont sûrs, amortis et répondent présent quand on en a besoin. L’arrêt d'un premier réacteur en état de marche le 22 février, au seul motif d’honorer un accord électoral de 2011, commence à faire réfléchir !

Jean-Luc SALANAVE

dimanche 5 avril 2020

Remarque à Caroline Roux et Axel de Tarlé, C dans l'air du 10 mars 2020, coronavirus et Tchernobyl



De : Robert Baschwitz, Gérard Lépine et Jean-Luc Salanave

Trois amis, anciens du nucléaire
Le 4 avril 2020



C dans l’air, à l’attention de
Madame Caroline Roux
et de Monsieur Axel de Tarlé
Maximal Productions
7 rue du Dôme, 92100 Boulogne Billancourt


Chère Madame, cher Monsieur,

C dans l’air est l’une de nos émissions préférées de réflexion sur l’actualité. Nous vous le devons, ainsi qu’aux experts et invités dont vous savez vous entourer. L’un d’eux est Alain Bauer, professeur de criminologie et spécialiste de gestion de crise, à qui vous avez fait appel dès que l’épidémie de coronavirus s’est propagée en Europe.

Nous sommes membres d’une association d’anciens du nucléaire.

Nous tenions à vous faire part d’une exception à notre satisfaction : lors de C dans l’air du 10 mars 2020, Alain Bauer a dit : « le virus il est là [...] et ce n'est pas comme le nuage de Tchernobyl: il ne s'est pas arrêté à la frontière » ajoutant qu’avec le coronavirus nos autorités ne pouvaient plus comme à l’époque « raconter d'énormes mensonges à la télévision. »

Nous aurions tant aimé que vous le repreniez afin de ne pas accréditer une fois de plus ce canular médiatique honteux tant de fois répété au point que l’opinion en est venue à le prendre pour la réalité.

Nous nous sommes dit : si à l’avenir l’un des invités de C dans l’air utilisait à nouveau cette contre-vérité célèbre, Caroline Roux ou Axel de Tarlé pourraient rectifier:“Ca ne s’est pas passé comme on raconte, et certains ont déjà été condamnés pour des propos jugés diffamatoires sur la gestion du fameux nuage ».

En quelques phrases, voici un rappel de la réalité :

- Le directeur du Service Central de Protection contre les Rayonnements Ionisants (SCPRI), chargé des mesures, et aussi de l’information du public, était lors de Tchernobyl (1986) le Professeur Pierre Pellerin. Il était un homme d’une rigueur remarquable, concerné par la réalité scientifique plus que par l’effet que pourraient avoir ses paroles sur l’opinion. Pour avoir suivi toutes les retombées sur la France des bombes atomiques lancées par les Etats-Unis, l’URSS, le Royaume-Uni, la France et la Chine, et constaté les effets sanitaires sur les populations, il était mieux que tout autre en mesure de se prononcer sur les retombées de Tchernobyl. Dès le 2 mai il fut le premier à annoncer (dans Libération) que « l’augmentation de radioactivité était enregistrée sur l’ensemble du territoire ». Il en a publié ensuite toutes les mesures heure par heure : tout le contraire donc d’un « nuage arrêté à la frontière ».

- Une semaine plus tard, dans un contexte où les Allemands s’interdisaient la commercialisation des fruits et légumes au nom d’un principe de précaution avéré plus tard excessif, quelqu’un de la météo française, sans penser à mal, a utilisé cette formule incongrue : “Le nuage s’est arrêté à la frontière”. Elle fut comme on le sait reprise par tous les médias … alors que la seule chose que la frontière avait en fait arrêtée fut la panique d’outre Rhin avec son cortège d’avortements inutiles.

- Mais la formule, trop tentante, fut « montée en épingle » et certains l’ont utilisée abondamment pour accuser le Professeur Pellerin et les autorités françaises de mentir quand cela les arrangeait.

- Noël Mamère et France 2 font partie de ces accusateurs. Ils ont été condamnés pour diffamation en première instance, en appel, et en cassation. Peu de publicité a été faite à ces jugements.

Il ne s’agit pas d’en refaire un sujet de débat, c’est de l’histoire ancienne. Mais il conviendrait, chez les personnes éminentes que vous côtoyez, que vous puissiez rétablir la vérité chaque fois qu’elle se trouverait de nouveau écorchée.

Merci d’avance, et nos plus vives félicitations pour la qualité de votre émission.


Jean-Luc Salanave              Robert Baschwitz                      Gérard Lépine



PS. Nous nous tenons à votre disposition si vous avez un jour besoin d’un des experts de notre réseau pour défendre dans votre émission une certaine vision de la transition énergétique dans laquelle l’électronucléaire compte parmi les énergies d’avenir au service de l’humanité, parmi celles respectueuses du climat, de l’environnement, des ressources naturelles et des citoyens contribuables.

vendredi 20 mars 2020

Réponse de JLS à UFC Que Choisir suite à leur faux procès maladroit contre le chauffage électrique



2020-03-20 réponse JLS à l'article de l'UFC Que Choisir du 15/03/2020 qui fait un faux procès au chauffage électrique en s'appuyant sur la RT2012 (règlementation thermique du bâtiment) pourtant responsable depuis 8 ans du désastre écologique et climatique de la construction neuve chauffée au gaz, encouragé par l'ADEME suite à une grossière "confusion" dans les textes entre énergie "finale" et "primaire":


Bonjour Élisabeth Chesnais,

Vous faites dans votre article de Que Choisir "Rénovation énergétique, une passion absurde pour le chauffage électrique" (publié le 15/03/2020) une erreur classique chez les journalistes non scientifiques, mais rassurez vous, certains employés de l'ADEME ont fait la même erreur que vous en 2012.

Prenons un exemple concret: une maison moderne assez bien isolée dont les déperditions thermiques ne sont que de 70 kWh par mètre carré en moyenne sur l'année. Pour compenser ces déperditions il faudra consommer 70 kWh/m2 d'énergie finale pour la chauffer.

Si cette maison est chauffée au gaz ces 70kWh d'énergie finale correspondent à 70kWh d'énergie primaire (coefficient primaire/finale = 1 pour le gaz). La maison était donc classée en classe B selon la RT2012 (classe B: entre 50 et 90 kWh/m2 d'énergie primaire).

Si cette même maison, avec exactement la même isolation, était chauffée à l'électricité, les 70kWh/m2 d'énergie finale liée aux déperditions thermiques nécessitaient toujours 70kWh d'énergie électrique finale, mais comme une pénalité de 2,58 s'appliquait à l'électricité (primaire/finale = 2,58) le calcul donnait 180kWh/m2 d'énergie primaire, rabaissant cette même maison de classe B en classe D (passoire thermique) alors que, n'oublions pas, l'excellente isolation de ses combles et de ses murs n'a pas changé !

A cause de cette erreur grossière (je ne dis pas voulue, comme certains accusateurs) la classification énergétique d'une habitation n'avait plus rien à voir avec ses performances thermiques !

Mais il y a plus grave: la 1ère maison, chauffée au gaz, émet selon l'ADEME 200 à 300 grammes de CO2 par kwh, alors que la 2ème maison, strictement la même mais chauffée à l'électricité, n'émet que 37 grammes de CO2 par kWh, soit 7 fois moins que la 1ère !

Ce scandale de la RT2012 s'est traduit par une augmentation massive de l'utilisation du gaz dans les habitations neuves depuis 8 ans et une augmentation tout aussi massive de leur désastreux impact climatique.

La nouvelle RE 2020 va enfin remédier à ce double scandale (réglementaire et écologique) qui semble ne s'expliquer (l'inversion entre énergies finale et primaire), d'après les enquêtes parlementaires et celle de la Cour des Comptes, que par d'inexcusables faiblesses de notre agence de l'environnement (l'ADEME) devant des pressions habiles du lobby de l'industrie gazière dans son ultime tentative de prolonger l'utilisation du gaz, pourtant condamné par l'accord de Paris pour le climat, et mis au ban des moyens de chauffage par tous les pays qui s'engagent à lutter contre le dérèglement climatique.

Jean-Luc SALANAVE

scientifique, spécialiste de l'énergie

jeudi 5 mars 2020

Transition énergétique: donner aux enfants foi en l'avenir (La Croix du 05/03/2020, en partie censuré !)

J'avais réagi à un excellent article de Paula Pinto Gomes dans La Croix du 29 janvier sur le rôle des parents pour "donner foi en l'avenir" aux enfants face à la crise écologique. Réagi parce que la photo qui illustrait son article "tombait à plat" (jugez en vous même ci-dessous) et contredisait l'objectivité du propos par ailleurs plein de bon sens .

La Croix a publié ma réaction le 5/3/2020, c'est tout à son mérite, mais en modifiant mon titre et surtout en censurant ma dernière petite phrase, ce qui en dit long sur le petit chemin qui reste encore à parcourir à ce journal pour atteindre, sur le nucléaire, l'objectivité qui le caractérise sur la plupart des autres sujets de société.

Voici donc la réponse que j'ai retournée (ainsi que le texte original de mon billet):


De JLS à La Croix le 5/3/2020:

Grand merci d'avoir publié mon billet. Merci néanmoins de bien vouloir transmettre à Madame Paula Pinto Gomes et Monsieur Guillaume Goubert mon regret que La Croix ne parvienne pas à surmonter son "complexe" anti-nucléaire et ait une fois de plus (c'est la 2ème fois) censuré ma dernière phrase, qui donnait tout son poids à mon message d'optimisme envers les enfants et les générations futures (cette dernière phrase n'est pas de moi mais du GIEC, de l'Académie des Sciences, de l'Académie de médecine, de la Cour des Compte et de la Commission parlementaire Aubert).

Je rappelle ci-dessous mon texte d'origine, avec en gras mon titre et la phrase finale que vous avez supprimée:

"Climat : donner aux enfants foi en l’avenir (La Croix a préféré: "les enfants et la crise écologique")
Afin d’inverser la tendance au pessimisme contagieux qui pourrait conduire à un avenir sans issue pour l’humanité, l’article de La Croix du 29 janvier 2020 sur la crise écologique donne une éclatante leçon aux adultes : arrêtons de transmettre nos peurs à nos enfants. Non seulement croire en l’avenir est effectivement « un devoir pour les parents », mais c’est le seul moyen de faire sauter les blocages qui conduisent à la résignation et à l’inaction. La caricature saute aux yeux sur la photo de ces deux enfants aux pancartes anxiogènes brandies à l’évidence pour faire plaisir à leur papa : une tombe avec l’inscription «le nucléaire ça tue la Terre», et une tête de mort criant «non au nucléaire». Apprenons vite à nos enfants à savoir remplacer le pessimisme des « non » par l’optimisme des « oui ». Après le temps des peurs et de la dramatisation il est urgent de leur transmettre la passion contagieuse pour les solutions. Et le nucléaire sans CO2 est l’une d’entre elles."


PS: et voici l'article tel que publié par La Croix

dimanche 23 février 2020

Le gâchis Fessenheim: lettre de Jean Fluchère à François Brottes


Objet: arrêt de Fessenheim 1 le 22/02/2020


Vendredi 21 février 2020:
De :Fluchere Jean <jean.fluchere@wanadoo.fr>
Pour :francois.brottes@rte-france.com

Monsieur Brottes,
Cette nuit à 2 h 30, Fessenheim 1 sera arrêtée définitivement. Vous allez jubiler et sûrement boire une coupe de champagne.
Vous êtes l'artisan de cet exploit en étant allé faire la mendicité de quelques voix vertes en 2011 et en faisant signer le fameux accord PS-EELV pour  faciliter l'élection du plus mauvais Président de la V République. Il n'a pas été ingrat avec vous en vous donnant la Présidence de RTE et les 350 000 €/an qui vont avec. Nous avions l'habitude d'avoir à ce poste des gens très compétents. Nous avons donc dû "changer de logiciel".
Avec l'arrêt de Fessenheim 2 en juin, vous aurez ainsi arrêté définitivement une installation en parfait état de marche dont Beaver Valley, sa référence US, est autorisée à être exploitée jusqu'à 60 ans aujourd'hui et peut-être 80 ans demain.
Vous devez sûrement être pleinement satisfait de supprimer 2200 emplois directs de haute qualification à EDF, chez les prestataires et dans l'ensemble des installations du cycle du combustible. Et je ne compte pas les emplois indirects.
Votre joie doit être à son comble en sachant que la France vient de condamner un outil industriel qui occasionne sur 20 ans une perte de 10 Mds d'€.
Enfin, la production annuelle de 10 TWh/an décarbonés nous met véritablement sur la voie de la neutralité carbone en 2050, n'est-ce pas ?
Cela confirme que les politiques excellent à détruire ce que les gens compétents et dévoués ont su construire, maintenir et exploiter. Quant à construire, ce n'est pas dans leurs attributions.
Le bien commun à la nation est une notion qui échappe à nos politiques aux petits pieds actuels et vous en faites partie.
L'histoire retiendra que vous avez été le maître d’œuvre d'une loi inepte dénommée la LTECV et que vous avez démontré à cette occasion votre côté antidémocratique en balayant d'un revers de main les amendements souhaités par le Sénat.
Jean Fluchère

mercredi 12 février 2020

Ecologie et « colapsosophie » (courrier adressé à La Croix le 8/2/2020)


Ecologie et « colapsosophie »
A quoi tenons nous vraiment ? Comment reconstruire nos rapports à la nature et aux autres ? Merci à La Croix du 8 février 2020 d’avoir éclairé ces grandes questions qui devraient structurer notre transition écologique. Mais pourquoi ce titre « sagesse de l’effondrement » qui, en donnant raison aux collapsologues, tout en appelant il est vrai à une certaine sagesse, renforce le pessimisme déjà installé chez certains jeunes ? Certes, photovoltaïque et éolien ont déçu les plus « verts » d’entre nous, leurs matériaux, leur intermittence et leur faible impact sur la réduction du CO2 les rendant moins durables que dans nos rêves. Mais l’effondrement n’est pas inévitable. De vraies solutions énergétiques existent. Le repli de l’humanité sur des communautés bio primitives, autosuffisantes et sans téléphones portables, n’est pas inéluctable. La géothermie, l’aérothermie (grâce aux pompes à chaleur), l’hydraulique, le solaire thermique, la biomasse renouvelable et le nucléaire sont heureusement des sources d’énergie quasi inépuisables pouvant subvenir aux besoins de 10 milliards d’êtres humains de façon durable pour des millénaires. Sachons aussi délivrer aux plus jeunes ce message optimiste ?

Jean-Luc SALANAVE
(courrier non encore publié par La Croix) 

samedi 8 février 2020

Le nucléaire allié du climat (article JLS, l'Express du 6/2/2020)

Le nucléaire allié du climat

Jean-Luc Salanave, scientifique, membre de Sauvons le Climat, professeur à l'Ecole Centrale


Merci à l’Express d’aborder ce sujet majeur (« Nucléaire, l’indispensable débat », L’Express du 30 janvier) qu’est la fermeture de la centrale de Fessenheim. Décision funeste ! Ce réacteur, déclaré sûr, produit une électricité 10 fois moins chère que le photovoltaïque et émet aussi 100 fois moins de CO2 par mégawattheure que la centrale à charbon de Cordemais, qui vient d’être prolongée ! Résultat : 2 millions de tonnes supplémentaires de CO2 par an ; oublié l’accord de Paris sur le climat ! Quelle erreur que d’avoir confondu urgence climatique et réduction du nucléaire ! Rappelons-le : l’éolien et le photovoltaïque ont une empreinte CO2 supérieure au nucléaire. Nos émissions de CO2 ne viennent pas de l’électricité (moins de 5%), mais des carburants et du gaz (pour plus de 60 %). Sauvegardons nos centrales nucléaires, vertueuses pour le climat et pour nos porte-monnaie.

L'article de l'Express est consultable ICI

jeudi 30 janvier 2020

Courrier à La Croix: climat, donner aux enfants foi en l'avenir

Courrier adressé à La Croix le 30/01/2020

Climat : donner aux enfants foi en l’avenir
Afin d’inverser la tendance au pessimisme contagieux qui pourrait conduire à un avenir sans issue pour l’humanité, l’article de La Croix du 29 janvier 2020 sur la crise écologique donne une éclatante leçon aux adultes : arrêtons de transmettre nos peurs à nos enfants. Non seulement croire en l’avenir est effectivement « un devoir pour les parents », mais c’est le seul moyen de faire sauter les blocages qui conduisent à la résignation et à l’inaction. La caricature saute aux yeux sur la photo de ces deux enfants aux pancartes anxiogènes brandies à l’évidence pour faire plaisir à leur papa : une tombe avec l’inscription « le nucléaire ça tue la Terre », et une tête de mort criant « non au nucléaire ». Apprenons vite à nos enfants à savoir remplacer le pessimisme des « non » par l’optimisme des « oui ». Après le temps des peurs et de la dramatisation il est urgent de leur transmettre la passion contagieuse pour les solutions. Et le nucléaire sans CO2 est l’une d’entre elles.

Jean-Luc Salanave


Note: courrier non encore publié par La Croix à ce jour

Courrier à La Croix: les concurrents d'EDF se ruent sur son électricité nucléaire (ARENH)

Courrier adressé à La Croix le 20/10/2020:

Je réagis à la courte information publiée dans La Croix du 17/01 sous le titre «Révolution dans le nucléaire » (sur l'augmentation de la part d'électricité qu'EDF est forcé de mettre à la disposition de ses concurrents à prix coûtant) car en tant que citoyen j’aimerais que votre journal puisse en dire plus pour éclairer ses lecteurs sur les conséquences à attendre d'une telle mesure pour nous consommateurs et notre facture électrique.

J'apprécierais que vous puissiez publier dans votre courrier des lecteurs ma réaction en forme d’interpellation amicale et intéressée (plus au gouvernement qu'à la Croix) que je vous soumets ci-dessous :

« Révolution en vue dans le nucléaire »

C’est par ce titre que La Croix du 17 janvier 2020 annonce le projet du gouvernement de faire passer la part d’électricité nucléaire mise à la disposition des fournisseurs alternatifs du quart aujourd’hui à 100 % demain ! Selon la Commission de Régulation de l’Énergie, ces fournisseurs se ruent effectivement sur cette électricité facile, patrimoine énergétique de notre pays très envié, qui leur est concédée à seulement 42 euros par mégawattheure et qu’ils nous revendent entre 55 et 60 euros (hors distribution et taxes). Elle leur permet à la fois de concurrencer EDF (contrainte imposée à la France afin de faire taire quelques jalousies européennes) et aussi de « verdir » leur image de fournisseurs éco-responsables grâce à cette énergie décarbonée idéale pour le climat. La Croix serait bienvenue de nous éclairer : quelles seront les conséquences pour nous consommateurs ? Les particuliers ne pourraient-ils pas eux aussi bénéficier d’une offre « 100 % nucléaire », à la fois éco-responsable, « made in France » (à la différence du photovoltaïque et de l’éolien importés), et, ce qui ne gâterait rien pour les plus modestes, moins chère au final que l’électricité renouvelable bien trop lourdement taxées sur nos carburants ?

Jean-Luc SALANAVE

Note: courrier non encore publié par La Croix à ce jour