samedi 24 octobre 2020

JT de TF1: la France préfère la pollution par le charbon à l'excellence de l'électro-nucléaire

Dans le JT du 23 octobre 2020 à 20h15, TF1 "ose" enfin afficher la vérité au grand jour: la fermeture aberrante de la centrale nucléaire de Fessenheim en juin dernier oblige la France à recourir au charbon pour assurer sa production électrique !

C'est un véritable sabotage de l'Accord de Paris: cette électricité a vu en effet multiplier par plus de 100 ses émissions de CO2 (1000 grammes par kWh pour le charbon contre 4 à 6 grammes par kWh hier pour feu-Fessenheim).

En pleine crise du Covid, et mieux que tous les avertissements restés sans effet des spécialistes, ce flash de 3 minutes révèle enfin, à une heure de grande écoute, les dégâts causés par un autre virus, le "virus anti-nucléaire", dont une forme finalement assez grave a contaminé nos cinq dernier(e)s Ministres de l'Environnement!

Ce "virus", tous les spécialistes en avaient prédit les risques depuis le funeste accord électoral de François Hollande en 2012, signé pour acheter les voix écolo qui, certes, lui manquaient pour être élu, mais payées en différé huit ans plus tard, non pas par les comptes de campagne du candidat, mais avec l'argent des citoyens consommateurs d'électricité, payé aussi avec les emplois sacrifiés à Fessenheim, et surtout avec la santé de ceux qui respirent désormais les gaz et les poussières de combustion du charbon dénoncé par TF1.

3 min à regarder et à diffuser abondamment:  https://www.tf1.fr/tf1/jt-we/videos/energie-pourquoi-la-france-a-allume-ses-centrales-a-charbon-69242083.html

 

lundi 31 août 2020

Message de rentrée à Mme Barbara Pompili, Ministre

rédigé par Jean-Luc Salanave pour l'association ARSCA d'anciens du nucléaire:

Fraîchement nommée au prestigieux Ministère de la Transition Écologique en juillet 2020, la souriante Barbara Pompili et ses décisions vont être très attendues en cette rentrée de septembre.

Certes, notre association savante n’attend pas de la Ministre qu’elle en sache autant que nous sur les réalités scientifiques de l’énergie et de la transition écologique. D’ailleurs, si Barbara Pompili n’a pas plus de formation scientifique dans ce domaine que ses prédécesseurs récents à ce poste, elle a néanmoins l’expérience de l’écologie politique et idéologique, de par son passé à EELV.

Le manque de connaissances des réalités scientifiques ne devrait pas être un handicap pour une Ministre, dont on attend qu’elle sache s’entourer, s’appuyer sur ceux qui savent, pour prenne les bonnes décisions pour notre pays et l’intérêt général.

Elle va pourtant devoir corriger certaines de ses opinions sur l’énergie et s’approprier rapidement les faits et les réalités. En effet, dans ce domaine de l’énergie qui est le notre, ses dernières affirmations de juin (juste avant qu’elle ne soit nommée Ministre) avaient de quoi nous alerter.


Barbara Pompili30 juin 2020
Sur son compte facebook, la future Ministre écrivait (www.facebook.com/pompilibarbara/posts/2668265726773987:
« La fermeture de Fessenheim entraîne des questions légitimes, mais aussi son lot de fake news... Les réacteurs de Fessenheim ont 42 ans. Pour rappel, les réacteurs nucléaires ont été prévus au départ pour 40 ans, car comme pour n’importe quelle autre technologie, les risques de sûreté augmentent avec l’âge. Pour aller au-delà de 40 ans, les réacteurs doivent respecter les exigences de la 4ème visite décennale, la VD4. Anticipant sa fermeture, EDF n’a pas fait les travaux à Fessenheim pour répondre à ces exigences. En l’état il n’est donc pas possible qu’elle continue à fonctionner... Enfin, beaucoup de contre-vérités circulent actuellement. Il n’est aucunement question en France d’ouvrir des centrales à charbon (au contraire nous les fermons) mais bien de rééquilibrer un mix décarboné, afin de le rendre plus résilient. C’est-à-dire : Remplacer une partie du nucléaire par des énergies renouvelables et des économies d’énergie ».

Effectivement, que de fake news Madame dans vos propos !

Non, l'âge n'est pas le critère pertinent de fermeture des réacteurs: c'est la sûreté ou l'obsolescence économique (à 23€ du MWh l'électricité de Fessenheim serait restée longtemps imbattable, même pour la meilleure technologie solaire achetée en Chine, et même sans les exorbitants coûts de stockage ou d'intermittence encore inconnus).

Non, 40 ans n'est pas une limite obligatoire puisque des réacteurs du type de Fessenheim obtiennent des autorisations pour 80 ans aux USA.

Si, Fessenheim a bien engagé sa 4ème visite décennale et aurait été autorisée à prolonger son exploitation de 10 ans par l'ASN (moyennant travaux qu'EDF a décidé de ne pas effectuer pour rien, ayant déjà effectué "pour rien" les travaux post-Fukushima de renforcement du radier dès 2013).

Pierre-Franck Chevet, patron de l'ASN, avouait au Figaro (26/10/2018): "Fessenheim est la centrale EDF qui présente les meilleurs résultats en terme de sûreté...", la considérant comme l'une des centrales "les plus sûres de France".

Non, nous ne fermons pas toutes nos centrales à charbon puisque celle très polluante de Cordemais (qu'il était prévu de fermer) a dû être prolongée pour compenser l'arrêt de Fessenheim, en complément de l'énorme nouvelle centrale à charbon allemande de Datteln récemment démarrée elle aussi pour compenser les kWh nucléaires exportés depuis des années de Fessenheim vers l'Allemagne.

Votre rôle de Ministre va être essentiel pour aider notre Président, à l'approche de la prochaine présidentielle, à réconcilier les "verts" anti-nucléaires et les écologistes pro-nucléaires, sans sacrifier l’intérêt général, économique, social et surtout climatique de notre pays.

JLS, 31/08/2020

mercredi 13 mai 2020

Covid-19 ou pas, l'électricité "verte" reste masquée

Dernière nouvelle en ligne, publiée le 13/05/2020 par UARGA: ICI

Covid ou pas, l'électricité "verte" reste masquée

Une des conséquences inattendues du covid-19 aura été de rappeler que les offres d’électricité verte sont sous l’assistance d’une « perfusion » d’électricité nucléaire.

Quel rapport avec le covid ? C’est que la crise sanitaire a provoqué un effondrement de la demande en électricité. Du coup, des fournisseurs alternatifs d’électricité se sont prétendus en difficulté. Comme Total, Engie et des dizaines d’autres (dont certains affichent même une offre « 100 % renouvelable »), ces fournisseurs revendent de l’électricité nucléaire dite ARENH* achetée à EDF à un prix pourtant imbattable et encore hors de portée des meilleures énergies renouvelables, soit 4,2 centimes par kilowattheure.

Quelle raison auraient-ils donc de se plaindre ? C’est que le covid vient de faire tomber le prix de marché au-dessous de 3 centimes par kilowattheure. Une aubaine pour ces traders d’électricité purement financiers. Certes, ils se sont, en échange du prix bas, engagés ferme à acheter l’électricité nucléaire commandée. Mais, certains seraient prêts à rompre leur engagement ARENH en invoquant une « force majeure covid» pour s’enrichir un peu plus encore, spéculant sur la crise sanitaire en s’approvisionnant sur le marché déprimé.

En difficulté ? Du coup pas tant que ça ! Le grand perdant financièrement et industriellement c’est EDF, par ailleurs admirable pour assurer sa mission durant la crise. Tandis que pour ses concurrents le pile ou face avec le gouvernement reste gagnant-gagnant,

Côté pile, ils ont le privilège de profiter à prix coûtant de la rente nucléaire ARENH, laissant les soucis industriels à EDF. Mais en pleine crise Madame la Ministre Elisabeth Borne se devait de sauver les apparences et prévenait donc ces fournisseurs privilégiés (le 7 avril) qu’ils feraient mieux de ne pas « remettre en cause les volumes d'ARENH qu'ils avaient achetés », ni d’« essayer de tirer profit de la situation ». C’est bien la moindre des choses, quand on sait que dans une crise tout enrichissement supplémentaire des uns entraîne mathématiquement l’appauvrissement des autres dont in fine les contribuables.

Et, côté face, un autre privilège leur est discrètement maintenu : ces fournisseurs restent autorisés à peindre en « vert » cette électricité nucléaire, en toute légalité, en y « collant » des certificats de garantie d’origine renouvelable qui leur sont par ailleurs vendus aux enchères par … l’État !

Comment ce dernier se procure-t-il ces certificats ? Chaque fois que l’État prélève sur nous consommateurs les taxes qui subventionnent chaque kilowattheure renouvelable (CSPE hier, TICPE sur les carburants aujourd’hui) il s’octroie les lucratifs certificats d’origine verts correspondants en échange de la subvention qu’il accorde aux producteurs. Il serait en effet indécent que les producteurs d’électricité renouvelable puissent prétendre conserver à la fois le certificat vert et la subvention, sans laquelle leur électricité photovoltaïque et éolienne serait invendable.

En plein tintamarre autour du covid-19 l’État continue donc à tromper le consommateur. Et au vu de ces profits « verts » si bien protégés, le citoyen a aussi toutes raisons d’être inquiet sur la réelle volonté de nos dirigeants de faire contribuer la « finance verte » à l'effort national de reconstruction économique imposé demain à notre industrie, à EDF, à nos PME, commerçants, artisans, travailleurs et soignants. Et surtout, Monsieur le Président, ayez le courage de mettre un terme aux profits dits « verts » qui ne réduisent pas nos émissions de CO2.

JLS

*note ARENH : Accès Régulé à l’Electricité Nucléaire Historique, dispositif imposé à la France par l’Europe et dont bénéficient les fournisseurs électriques concurrents d’EDF depuis 2011 (73 demandes ont été adressées à la CRE pour 2020).

PS : si vous souhaitez agir pour le climat nous vous rappelons l’existence d’une pétition :
« Mon geste pour le climat: je veux un contrat électrique d'origine garantie 100% nucléaire»

jeudi 9 avril 2020

Urgence sanitaire, urgence climatique, vraies et fausses priorités: lettre ouverte à Sophie Primas (Présidente de la Commission Economique du Sénat)


Lettre ouverte à Madame Sophie PRIMAS, Présidente de la Commission Economique du Sénat,

Madame la Présidente,

Mardi 7 avril 2020, à l’occasion de l’audition de Madame Élisabeth Borne, ministre de la transition écologique et solidaire sur l’incidence de la crise du Covid-19 sur la politique énergétique et climatique du Gouvernement, vous avez affirmé ceci (https://www.senat.fr/presse/cp20200407b.html):

"A la crise sanitaire s’ajoute une crise énergétique, qui est une mauvaise nouvelle pour le climat et la diversification de notre mix énergétique; elle affectera notamment la rentabilité des acteurs de l’énergie, et donc leurs capacités d’investissement, seules à même de permettre l’essor des énergies renouvelables".

Les citoyens attachés à la réussite de notre transition énergétique autant qu’à la justice sociale ne peuvent qu’être surpris par de tel propos. Cette « crise énergétique » que vous associez à la crise sanitaire et qualifiez de « mauvaise nouvelle pour le climat » peut encore se transformer en une bonne nouvelle pour ce dernier. Quand à ce que vous qualifiez de mauvaise nouvelle pour « la diversification de notre mix énergétique » vous conviendrez que ça démontre simplement que le « roi est nu » et que cette diversification érigée en totem est en fait inutile à notre transition et au climat (mais pas à la « finance verte »).

Certes, comme le rappelle votre Commission, il n’est pas question que l’urgence sanitaire, priorité de tous aujourd'hui, fasse oublier l’urgence climatique lorsque viendra le temps du dé-confinement et de la reconstruction.

Mais une fois surmontée la crise du covid-19, puissions nous demain ré-affirmer clairement la véritable priorité climatique, l’élimination des combustibles fossiles avant 2050, et reporter à plus tard les fausses priorités, comme la diversification du mix énergétique, inutile pour la crise sanitaire, inutile pour réduire le CO2 et coûteuse pour le citoyen.

La priorité pour notre pays c’est d’arrêter de brûler du gaz, du pétrole et du charbon. Dans les transports (1ère cause d’émission de CO2 en France) c’est de passer au tout électrique. Dans le chauffage c’est d’abandonner le gaz et le fuel. Tout le contraire de la diversification du mix (réclamée par les influents lobbies de nos fournisseurs gaziers et pétroliers étrangers, comme par certains états jaloux de notre réussite énergétique).

La crise a montré aussi la futilité des électricités photovoltaïque et éolienne (dont les équipements sont d’ailleurs eux aussi importés), incapables ces jours ci de fournir, ni en France ni en Allemagne, la fée électricité nécessaire à toute heure du jour et de la nuit aux hôpitaux et aux activités vitales. D’ailleurs, outre aux soignants, hommage est aussi rendu, tous les soirs, et à juste titre, à ceux qui assurent de façon admirable le fonctionnement des centrales électriques pilotables.

La diversification n’est pas une fin en soi, plutôt une mode, à laquelle on peut certes consacrer 7 milliards d’euros par an en temps normal quand on est riche, mais dont les 121 milliards d’euros déjà gagés (et déjà dénoncés par la Cour des Comptes avant la crise) vont devenir indécents à l’heure de la reconstruction de l’économie, ces milliards étant en outre sans grande valeur ajoutée climatique ! Il faudra en déclarer un moratoire.

De la même façon que nous aurions dû conserver notre stock de masques médicaux constitué il y a 10 ans ne jetons pas trop tôt nos réacteurs nucléaires : il sont sûrs, amortis et répondent présent quand on en a besoin. L’arrêt d'un premier réacteur en état de marche le 22 février, au seul motif d’honorer un accord électoral de 2011, commence à faire réfléchir !

La priorité, comme l’ont affirmé la « Commission Aubert » et la Cour des Comptes, n’est plus à la « diversification du mix » ni à « l’essor des énergies renouvelables », mais bien, comme l’avait affirmé le Président Macron, à la lutte contre le CO2, le gaz, l’essence et le charbon.

Jean-Luc SALANAVE


Urgence sanitaire d’abord, climatique ensuite (réaction JLS à La Croix du 9/4/2020)

Courrier adressé à La Croix le 9/4/2020 (pour l'instant non publié):


Urgence sanitaire d’abord, climatique ensuite

L’urgence sanitaire ne devra pas faire oublier l’urgence climatique lorsque viendra le temps du dé-confinement et de la reconstruction. C’est ce que rappelle le Sénat (La Croix du 9 avril 2020). La crise du covid 19 nous conduira-t-elle à ré-affirmer la vraie priorité, l’élimination des combustibles fossiles avant 2050, et à reporter les fausses priorités, comme la mode de la diversification du mix énergétique, peu utile pour réduire le CO2 et coûteuse pour le citoyen. La priorité c’est d’arrêter de brûler du gaz, du pétrole et du charbon ; dans les transports (1ère cause d’émission de CO2 en France), c’est de passer au tout électrique. Tout le contraire de la diversification réclamée par les importateurs gaziers et pétroliers. La crise a montré aussi la futilité des électricités photovoltaïques et éoliennes (dont les équipements sont d’ailleurs eux aussi importés), incapables de fournir, en France ou en Allemagne, la fée électricité à toute heure du jour et de la nuit aux hôpitaux et aux activités vitales. Hommage est d’ailleurs rendu aussi, tous les soirs, et à juste titre, à ceux qui assurent de façon admirable le fonctionnement des centrales pilotables. La diversification n’est pas une fin en soi, plutôt une mode, à laquelle on peut certes consacrer 7 milliards d’euros par an en temps normal quand on est riche, mais dont les 121 milliards d’euros déjà gagés (et déjà dénoncés par la Cour des Comptes avant la crise) vont devenir indécents à l’heure de la reconstruction de l’économie, qui plus est sans grande valeur ajoutée climatique ! De la même façon que nous aurions dû conserver notre stock de masques constitué il y a 10 ans ne jetons pas trop tôt nos réacteurs nucléaires : il sont sûrs, amortis et répondent présent quand on en a besoin. L’arrêt d'un premier réacteur en état de marche le 22 février, au seul motif d’honorer un accord électoral de 2011, commence à faire réfléchir !

Jean-Luc SALANAVE

dimanche 5 avril 2020

Remarque à Caroline Roux et Axel de Tarlé, C dans l'air du 10 mars 2020, coronavirus et Tchernobyl



De : Robert Baschwitz, Gérard Lépine et Jean-Luc Salanave

Trois amis, anciens du nucléaire
Le 4 avril 2020



C dans l’air, à l’attention de
Madame Caroline Roux
et de Monsieur Axel de Tarlé
Maximal Productions
7 rue du Dôme, 92100 Boulogne Billancourt


Chère Madame, cher Monsieur,

C dans l’air est l’une de nos émissions préférées de réflexion sur l’actualité. Nous vous le devons, ainsi qu’aux experts et invités dont vous savez vous entourer. L’un d’eux est Alain Bauer, professeur de criminologie et spécialiste de gestion de crise, à qui vous avez fait appel dès que l’épidémie de coronavirus s’est propagée en Europe.

Nous sommes membres d’une association d’anciens du nucléaire.

Nous tenions à vous faire part d’une exception à notre satisfaction : lors de C dans l’air du 10 mars 2020, Alain Bauer a dit : « le virus il est là [...] et ce n'est pas comme le nuage de Tchernobyl: il ne s'est pas arrêté à la frontière » ajoutant qu’avec le coronavirus nos autorités ne pouvaient plus comme à l’époque « raconter d'énormes mensonges à la télévision. »

Nous aurions tant aimé que vous le repreniez afin de ne pas accréditer une fois de plus ce canular médiatique honteux tant de fois répété au point que l’opinion en est venue à le prendre pour la réalité.

Nous nous sommes dit : si à l’avenir l’un des invités de C dans l’air utilisait à nouveau cette contre-vérité célèbre, Caroline Roux ou Axel de Tarlé pourraient rectifier:“Ca ne s’est pas passé comme on raconte, et certains ont déjà été condamnés pour des propos jugés diffamatoires sur la gestion du fameux nuage ».

En quelques phrases, voici un rappel de la réalité :

- Le directeur du Service Central de Protection contre les Rayonnements Ionisants (SCPRI), chargé des mesures, et aussi de l’information du public, était lors de Tchernobyl (1986) le Professeur Pierre Pellerin. Il était un homme d’une rigueur remarquable, concerné par la réalité scientifique plus que par l’effet que pourraient avoir ses paroles sur l’opinion. Pour avoir suivi toutes les retombées sur la France des bombes atomiques lancées par les Etats-Unis, l’URSS, le Royaume-Uni, la France et la Chine, et constaté les effets sanitaires sur les populations, il était mieux que tout autre en mesure de se prononcer sur les retombées de Tchernobyl. Dès le 2 mai il fut le premier à annoncer (dans Libération) que « l’augmentation de radioactivité était enregistrée sur l’ensemble du territoire ». Il en a publié ensuite toutes les mesures heure par heure : tout le contraire donc d’un « nuage arrêté à la frontière ».

- Une semaine plus tard, dans un contexte où les Allemands s’interdisaient la commercialisation des fruits et légumes au nom d’un principe de précaution avéré plus tard excessif, quelqu’un de la météo française, sans penser à mal, a utilisé cette formule incongrue : “Le nuage s’est arrêté à la frontière”. Elle fut comme on le sait reprise par tous les médias … alors que la seule chose que la frontière avait en fait arrêtée fut la panique d’outre Rhin avec son cortège d’avortements inutiles.

- Mais la formule, trop tentante, fut « montée en épingle » et certains l’ont utilisée abondamment pour accuser le Professeur Pellerin et les autorités françaises de mentir quand cela les arrangeait.

- Noël Mamère et France 2 font partie de ces accusateurs. Ils ont été condamnés pour diffamation en première instance, en appel, et en cassation. Peu de publicité a été faite à ces jugements.

Il ne s’agit pas d’en refaire un sujet de débat, c’est de l’histoire ancienne. Mais il conviendrait, chez les personnes éminentes que vous côtoyez, que vous puissiez rétablir la vérité chaque fois qu’elle se trouverait de nouveau écorchée.

Merci d’avance, et nos plus vives félicitations pour la qualité de votre émission.


Jean-Luc Salanave              Robert Baschwitz                      Gérard Lépine



PS. Nous nous tenons à votre disposition si vous avez un jour besoin d’un des experts de notre réseau pour défendre dans votre émission une certaine vision de la transition énergétique dans laquelle l’électronucléaire compte parmi les énergies d’avenir au service de l’humanité, parmi celles respectueuses du climat, de l’environnement, des ressources naturelles et des citoyens contribuables.

vendredi 20 mars 2020

Réponse de JLS à UFC Que Choisir suite à leur faux procès maladroit contre le chauffage électrique



2020-03-20 réponse JLS à l'article de l'UFC Que Choisir du 15/03/2020 qui fait un faux procès au chauffage électrique en s'appuyant sur la RT2012 (règlementation thermique du bâtiment) pourtant responsable depuis 8 ans du désastre écologique et climatique de la construction neuve chauffée au gaz, encouragé par l'ADEME suite à une grossière "confusion" dans les textes entre énergie "finale" et "primaire":


Bonjour Élisabeth Chesnais,

Vous faites dans votre article de Que Choisir "Rénovation énergétique, une passion absurde pour le chauffage électrique" (publié le 15/03/2020) une erreur classique chez les journalistes non scientifiques, mais rassurez vous, certains employés de l'ADEME ont fait la même erreur que vous en 2012.

Prenons un exemple concret: une maison moderne assez bien isolée dont les déperditions thermiques ne sont que de 70 kWh par mètre carré en moyenne sur l'année. Pour compenser ces déperditions il faudra consommer 70 kWh/m2 d'énergie finale pour la chauffer.

Si cette maison est chauffée au gaz ces 70kWh d'énergie finale correspondent à 70kWh d'énergie primaire (coefficient primaire/finale = 1 pour le gaz). La maison était donc classée en classe B selon la RT2012 (classe B: entre 50 et 90 kWh/m2 d'énergie primaire).

Si cette même maison, avec exactement la même isolation, était chauffée à l'électricité, les 70kWh/m2 d'énergie finale liée aux déperditions thermiques nécessitaient toujours 70kWh d'énergie électrique finale, mais comme une pénalité de 2,58 s'appliquait à l'électricité (primaire/finale = 2,58) le calcul donnait 180kWh/m2 d'énergie primaire, rabaissant cette même maison de classe B en classe D (passoire thermique) alors que, n'oublions pas, l'excellente isolation de ses combles et de ses murs n'a pas changé !

A cause de cette erreur grossière (je ne dis pas voulue, comme certains accusateurs) la classification énergétique d'une habitation n'avait plus rien à voir avec ses performances thermiques !

Mais il y a plus grave: la 1ère maison, chauffée au gaz, émet selon l'ADEME 200 à 300 grammes de CO2 par kwh, alors que la 2ème maison, strictement la même mais chauffée à l'électricité, n'émet que 37 grammes de CO2 par kWh, soit 7 fois moins que la 1ère !

Ce scandale de la RT2012 s'est traduit par une augmentation massive de l'utilisation du gaz dans les habitations neuves depuis 8 ans et une augmentation tout aussi massive de leur désastreux impact climatique.

La nouvelle RE 2020 va enfin remédier à ce double scandale (réglementaire et écologique) qui semble ne s'expliquer (l'inversion entre énergies finale et primaire), d'après les enquêtes parlementaires et celle de la Cour des Comptes, que par d'inexcusables faiblesses de notre agence de l'environnement (l'ADEME) devant des pressions habiles du lobby de l'industrie gazière dans son ultime tentative de prolonger l'utilisation du gaz, pourtant condamné par l'accord de Paris pour le climat, et mis au ban des moyens de chauffage par tous les pays qui s'engagent à lutter contre le dérèglement climatique.

Jean-Luc SALANAVE

scientifique, spécialiste de l'énergie

jeudi 5 mars 2020

Transition énergétique: donner aux enfants foi en l'avenir (La Croix du 05/03/2020, en partie censuré !)

J'avais réagi à un excellent article de Paula Pinto Gomes dans La Croix du 29 janvier sur le rôle des parents pour "donner foi en l'avenir" aux enfants face à la crise écologique. Réagi parce que la photo qui illustrait son article "tombait à plat" (jugez en vous même ci-dessous) et contredisait l'objectivité du propos par ailleurs plein de bon sens .

La Croix a publié ma réaction le 5/3/2020, c'est tout à son mérite, mais en modifiant mon titre et surtout en censurant ma dernière petite phrase, ce qui en dit long sur le petit chemin qui reste encore à parcourir à ce journal pour atteindre, sur le nucléaire, l'objectivité qui le caractérise sur la plupart des autres sujets de société.

Voici donc la réponse que j'ai retournée (ainsi que le texte original de mon billet):


De JLS à La Croix le 5/3/2020:

Grand merci d'avoir publié mon billet. Merci néanmoins de bien vouloir transmettre à Madame Paula Pinto Gomes et Monsieur Guillaume Goubert mon regret que La Croix ne parvienne pas à surmonter son "complexe" anti-nucléaire et ait une fois de plus (c'est la 2ème fois) censuré ma dernière phrase, qui donnait tout son poids à mon message d'optimisme envers les enfants et les générations futures (cette dernière phrase n'est pas de moi mais du GIEC, de l'Académie des Sciences, de l'Académie de médecine, de la Cour des Compte et de la Commission parlementaire Aubert).

Je rappelle ci-dessous mon texte d'origine, avec en gras mon titre et la phrase finale que vous avez supprimée:

"Climat : donner aux enfants foi en l’avenir (La Croix a préféré: "les enfants et la crise écologique")
Afin d’inverser la tendance au pessimisme contagieux qui pourrait conduire à un avenir sans issue pour l’humanité, l’article de La Croix du 29 janvier 2020 sur la crise écologique donne une éclatante leçon aux adultes : arrêtons de transmettre nos peurs à nos enfants. Non seulement croire en l’avenir est effectivement « un devoir pour les parents », mais c’est le seul moyen de faire sauter les blocages qui conduisent à la résignation et à l’inaction. La caricature saute aux yeux sur la photo de ces deux enfants aux pancartes anxiogènes brandies à l’évidence pour faire plaisir à leur papa : une tombe avec l’inscription «le nucléaire ça tue la Terre», et une tête de mort criant «non au nucléaire». Apprenons vite à nos enfants à savoir remplacer le pessimisme des « non » par l’optimisme des « oui ». Après le temps des peurs et de la dramatisation il est urgent de leur transmettre la passion contagieuse pour les solutions. Et le nucléaire sans CO2 est l’une d’entre elles."


PS: et voici l'article tel que publié par La Croix

dimanche 23 février 2020

Le gâchis Fessenheim: lettre de Jean Fluchère à François Brottes


Objet: arrêt de Fessenheim 1 le 22/02/2020


Vendredi 21 février 2020:
De :Fluchere Jean <jean.fluchere@wanadoo.fr>
Pour :francois.brottes@rte-france.com

Monsieur Brottes,
Cette nuit à 2 h 30, Fessenheim 1 sera arrêtée définitivement. Vous allez jubiler et sûrement boire une coupe de champagne.
Vous êtes l'artisan de cet exploit en étant allé faire la mendicité de quelques voix vertes en 2011 et en faisant signer le fameux accord PS-EELV pour  faciliter l'élection du plus mauvais Président de la V République. Il n'a pas été ingrat avec vous en vous donnant la Présidence de RTE et les 350 000 €/an qui vont avec. Nous avions l'habitude d'avoir à ce poste des gens très compétents. Nous avons donc dû "changer de logiciel".
Avec l'arrêt de Fessenheim 2 en juin, vous aurez ainsi arrêté définitivement une installation en parfait état de marche dont Beaver Valley, sa référence US, est autorisée à être exploitée jusqu'à 60 ans aujourd'hui et peut-être 80 ans demain.
Vous devez sûrement être pleinement satisfait de supprimer 2200 emplois directs de haute qualification à EDF, chez les prestataires et dans l'ensemble des installations du cycle du combustible. Et je ne compte pas les emplois indirects.
Votre joie doit être à son comble en sachant que la France vient de condamner un outil industriel qui occasionne sur 20 ans une perte de 10 Mds d'€.
Enfin, la production annuelle de 10 TWh/an décarbonés nous met véritablement sur la voie de la neutralité carbone en 2050, n'est-ce pas ?
Cela confirme que les politiques excellent à détruire ce que les gens compétents et dévoués ont su construire, maintenir et exploiter. Quant à construire, ce n'est pas dans leurs attributions.
Le bien commun à la nation est une notion qui échappe à nos politiques aux petits pieds actuels et vous en faites partie.
L'histoire retiendra que vous avez été le maître d’œuvre d'une loi inepte dénommée la LTECV et que vous avez démontré à cette occasion votre côté antidémocratique en balayant d'un revers de main les amendements souhaités par le Sénat.
Jean Fluchère

mercredi 12 février 2020

Ecologie et « colapsosophie » (courrier adressé à La Croix le 8/2/2020)


Ecologie et « colapsosophie »
A quoi tenons nous vraiment ? Comment reconstruire nos rapports à la nature et aux autres ? Merci à La Croix du 8 février 2020 d’avoir éclairé ces grandes questions qui devraient structurer notre transition écologique. Mais pourquoi ce titre « sagesse de l’effondrement » qui, en donnant raison aux collapsologues, tout en appelant il est vrai à une certaine sagesse, renforce le pessimisme déjà installé chez certains jeunes ? Certes, photovoltaïque et éolien ont déçu les plus « verts » d’entre nous, leurs matériaux, leur intermittence et leur faible impact sur la réduction du CO2 les rendant moins durables que dans nos rêves. Mais l’effondrement n’est pas inévitable. De vraies solutions énergétiques existent. Le repli de l’humanité sur des communautés bio primitives, autosuffisantes et sans téléphones portables, n’est pas inéluctable. La géothermie, l’aérothermie (grâce aux pompes à chaleur), l’hydraulique, le solaire thermique, la biomasse renouvelable et le nucléaire sont heureusement des sources d’énergie quasi inépuisables pouvant subvenir aux besoins de 10 milliards d’êtres humains de façon durable pour des millénaires. Sachons aussi délivrer aux plus jeunes ce message optimiste ?

Jean-Luc SALANAVE
(courrier non encore publié par La Croix) 

samedi 8 février 2020

Le nucléaire allié du climat (article JLS, l'Express du 6/2/2020)

Le nucléaire allié du climat

Jean-Luc Salanave, scientifique, membre de Sauvons le Climat, professeur à l'Ecole Centrale


Merci à l’Express d’aborder ce sujet majeur (« Nucléaire, l’indispensable débat », L’Express du 30 janvier) qu’est la fermeture de la centrale de Fessenheim. Décision funeste ! Ce réacteur, déclaré sûr, produit une électricité 10 fois moins chère que le photovoltaïque et émet aussi 100 fois moins de CO2 par mégawattheure que la centrale à charbon de Cordemais, qui vient d’être prolongée ! Résultat : 2 millions de tonnes supplémentaires de CO2 par an ; oublié l’accord de Paris sur le climat ! Quelle erreur que d’avoir confondu urgence climatique et réduction du nucléaire ! Rappelons-le : l’éolien et le photovoltaïque ont une empreinte CO2 supérieure au nucléaire. Nos émissions de CO2 ne viennent pas de l’électricité (moins de 5%), mais des carburants et du gaz (pour plus de 60 %). Sauvegardons nos centrales nucléaires, vertueuses pour le climat et pour nos porte-monnaie.

L'article de l'Express est consultable ICI

jeudi 30 janvier 2020

Courrier à La Croix: climat, donner aux enfants foi en l'avenir

Courrier adressé à La Croix le 30/01/2020

Climat : donner aux enfants foi en l’avenir
Afin d’inverser la tendance au pessimisme contagieux qui pourrait conduire à un avenir sans issue pour l’humanité, l’article de La Croix du 29 janvier 2020 sur la crise écologique donne une éclatante leçon aux adultes : arrêtons de transmettre nos peurs à nos enfants. Non seulement croire en l’avenir est effectivement « un devoir pour les parents », mais c’est le seul moyen de faire sauter les blocages qui conduisent à la résignation et à l’inaction. La caricature saute aux yeux sur la photo de ces deux enfants aux pancartes anxiogènes brandies à l’évidence pour faire plaisir à leur papa : une tombe avec l’inscription « le nucléaire ça tue la Terre », et une tête de mort criant « non au nucléaire ». Apprenons vite à nos enfants à savoir remplacer le pessimisme des « non » par l’optimisme des « oui ». Après le temps des peurs et de la dramatisation il est urgent de leur transmettre la passion contagieuse pour les solutions. Et le nucléaire sans CO2 est l’une d’entre elles.

Jean-Luc Salanave


Note: courrier non encore publié par La Croix à ce jour

Courrier à La Croix: les concurrents d'EDF se ruent sur son électricité nucléaire (ARENH)

Courrier adressé à La Croix le 20/10/2020:

Je réagis à la courte information publiée dans La Croix du 17/01 sous le titre «Révolution dans le nucléaire » (sur l'augmentation de la part d'électricité qu'EDF est forcé de mettre à la disposition de ses concurrents à prix coûtant) car en tant que citoyen j’aimerais que votre journal puisse en dire plus pour éclairer ses lecteurs sur les conséquences à attendre d'une telle mesure pour nous consommateurs et notre facture électrique.

J'apprécierais que vous puissiez publier dans votre courrier des lecteurs ma réaction en forme d’interpellation amicale et intéressée (plus au gouvernement qu'à la Croix) que je vous soumets ci-dessous :

« Révolution en vue dans le nucléaire »

C’est par ce titre que La Croix du 17 janvier 2020 annonce le projet du gouvernement de faire passer la part d’électricité nucléaire mise à la disposition des fournisseurs alternatifs du quart aujourd’hui à 100 % demain ! Selon la Commission de Régulation de l’Énergie, ces fournisseurs se ruent effectivement sur cette électricité facile, patrimoine énergétique de notre pays très envié, qui leur est concédée à seulement 42 euros par mégawattheure et qu’ils nous revendent entre 55 et 60 euros (hors distribution et taxes). Elle leur permet à la fois de concurrencer EDF (contrainte imposée à la France afin de faire taire quelques jalousies européennes) et aussi de « verdir » leur image de fournisseurs éco-responsables grâce à cette énergie décarbonée idéale pour le climat. La Croix serait bienvenue de nous éclairer : quelles seront les conséquences pour nous consommateurs ? Les particuliers ne pourraient-ils pas eux aussi bénéficier d’une offre « 100 % nucléaire », à la fois éco-responsable, « made in France » (à la différence du photovoltaïque et de l’éolien importés), et, ce qui ne gâterait rien pour les plus modestes, moins chère au final que l’électricité renouvelable bien trop lourdement taxées sur nos carburants ?

Jean-Luc SALANAVE

Note: courrier non encore publié par La Croix à ce jour

vendredi 10 janvier 2020

Demande d'un consommateur éco-responsable: la "garantie d'origine 100% nucléaire"

Lettre de consultation aux fournisseurs électriques (on peut la retrouver sur la pétition Change.org à http://chng.it/XzFkL9DP):



Jean-Luc SALANAVE, consommateur d'électricité

Destinataire: fournisseurs d’électricité
EDF ou Engie ou Total Direct Energy ou
… l'un des 73 fournisseurs d'électricité nucléaire ARENH 2020
(voir plus bas quelques adresses)



Objet : consultation pour une fourniture d’électricité d'origine nucléaire garantie
Madame, Monsieur,
Je suis consommatrice/consommateur d’électricité, responsable et soucieuse/soucieux d’écologie, préoccupé(e) par le dérèglement climatique et par l’empreinte environnementale de l’électricité que vous fournissez.
Je sais qu’en France l’électricité nucléaire est la moins carbonée puisqu’elle n’émet que 4 grammes de CO2 par kilowattheure (réf.1), soit 14 fois moins que l’électricité solaire photovoltaïque (56gCO2/kWh - réf.2) et 3 fois moins que l’électricité éolienne (14gCO2/kWh - réf.2).
Je souhaite donc que vous me proposiez une offre de fourniture d’électricité d’origine garantie « 100 % nucléaire ».
Jusqu’à présent l’absence d’une telle offre sur le marché des particuliers pouvait paraître discriminatoire, contraire à l’intérêt général et injuste socialement, puisqu’il existe par ailleurs des offres « 100 % renouvelables » fondées sur des technologies solaires et éoliennes importées, largement subventionnées par des taxes nécessaires pour pallier leur manque de compétitivité et leur intermittence (taxes durement ressenties par les citoyens aux revenus modestes).
L’électricité nucléaire ne souffre pas de ces défauts : elle est fiable, disponible à la demande, sûre depuis 40 ans, non subventionnée, made in France à plus de 95 %, et une des meilleures solutions climatiques.
La présente consultation n’entend exclure aucun fournisseur, d’autant que 100 térawattheures nucléaires (le quart de la production de nos 58 réacteurs nationaux) sont annuellement mis à la disposition des fournisseurs alternatifs d’électricité, à un prix de 42 euros par mégawattheure (réf.3), bien inférieur au prix figurant sur nos factures (supérieur à 55€/MWh, hors distribution et taxes).
Dans l’attente de votre meilleure offre, je vous prie de croire que ma demande, si elle est animée par mon souci d’alléger ma facture énergétique, l’est avant tout par ma volonté de diminuer mon impact environnemental et climatique et de préserver les ressources naturelles pour les générations futures.
Veuillez accepter les sincères salutations d’un(e) consommatrice/consommateur éco-responsable.

JLS le 10/01/2020

3 Dispositif ARENH : accès régulé à l’électricité nucléaire historique, dont 73 fournisseurs d’électricité français et étrangers ont demandé à bénéficier en 2020 à la Commission de Régulation de l’Energie.


Adresses utiles de quelques fournisseurs d’électricité (liste indicative et non exhaustive; à défaut de courrier papier vous pouvez aussi adresser vos demandes sur leurs sites web):

1. EDF Service Client -TSA 20012 - 41975 BLOIS Cedex 9
2. EDF Direction: Mr Jean-Bernard LEVY, Directeur, 22 avenue de Wagram, 75008 Paris
3. ENGIE Service client, TSA 92104, 76934 Rouen Cedex 09
4. Total Direct Energie, Service Client, TSA 21519, 75901 Paris Cedex 15
5. Vattenfall Energies, Siège et Service Client, 6, avenue de Bruxelles, Les Terrasses des Collines, Parc des Collines II, 68350 Didenheim, France
6. Enercoop, Siège et Service Client, 16-18 quai de la Loire, 75 019 PARIS
7. Planète Oui (100% vert), Service Client, Parc Euratechnologie, 165 avenue de Bretagne, 59000 LILLE
8. Ilek (choisir son énergie verte), Siège et Service Client 32 Rue des Marchands, 31000 Toulouse
9. Energies E.Leclerc, Service Client, TSA 40204 41974, Blois Cedex
10. ENI, Service Client, TSA 30207, 33 507 Vitré Cedex

samedi 4 janvier 2020

Climat et justice sociale: la solution électro-nucléaire

Publié le 2/1/2020 sur le site de la Convention Citoyenne pour le Climat:
https://contribuez.conventioncitoyennepourleclimat.fr/processes/travailler-produire/f/11/proposals/2286

Pour produire massivement de l'électricité tout en respectant l'environnement et les générations futures, la Suède et la France ont démontré depuis 40 ans que le nucléaire est la solution la moins chère, la moins émettrice de CO2, dont les déchets sont parmi les mieux gérés et contrôlés de toutes les activités humaines, et surtout une des sources d'énergie les plus justes socialement. En effet, à la différence du solaire et de l'éolien qui nécessitent de lourdes subvention pour pallier leur inefficacité (taxes CSPE sur l'électricité et taxes sur les carburants, plus de 7 milliards/an qui frappent les plus modestes et rapportent aux plus aisés) le programme nucléaire français a été entièrement financé sur des emprunts industriels et des fonds propres, sans aucun appel au contribuable; il a été entièrement remboursé par les consommateurs industriels et domestiques, tout en les faisant bénéficier de l'électricité la plus compétitive d'Europe et des prix les plus bas (coûts passés, présents et futurs inclus - déjà provisionnés et payés). Avec le mouvement écologique pro-nucléaire qui se développe inexorablement dans le monde réclamons en Europe la solution nucléaire comme prioritaire (ce que de nombreux pays ont compris, comme la Chine qui depuis 10 ans démarre un nouveau réacteur nucléaire tous les 3 mois).

Jean-Luc SALANAVE

lundi 21 octobre 2019

Auto-production électrique des ménages: un acte climatique ou effet d’aubaine? (JLS publié dans La Croix du 21/10/2019)

Bien qu'il n'en ait pas publié le titre, qui dénonçait probablement de façon trop visible la "mode" inutile du solaire photovoltaïque en France, je suis néanmoins reconnaissant au Journal La Croix d'avoir publié le 21/10/2019 mon billet ci-dessous:

(titre non publié): auto-production électrique des ménages: un acte climatique ou effet d’aubaine?

C’est bien connu, les capteurs solaires photovoltaïques ne produisent que de l’électricité. Or, dans notre pays, l’électricité produite par EDF est déjà une des plus décarbonées au monde, au moins autant selon les experts que l’électricité solaire. Dès lors on est en droit de se demander si les nombreux ménages qui optent pour produire eux même leur électricité solaire sont bien animés par la « prise de conscience des enjeux climatiques » (La Croix du 30 septembre 2019). L’attrait des subventions ne joue-t-il pas un rôle dans leur décision ? Ces généreuses subventions font se multiplier les offres d’installateurs opportunistes qui ne se demandent pas tous si la pollution carbone qu’ils génèrent en Chine où sont fabriqués les capteurs ne dégrade pas le bilan carbone mondial, ni si ces nouvelles importations n’alourdissent pas inutilement la balance commerciale de notre pays tout en augmentant les clivages sociaux entre citoyens payeurs de taxes et ceux, souvent plus aisés, qui bénéficient des subventions des premiers.


Jean-Luc SALANAVE

ICI l'article de La Croix

jeudi 26 septembre 2019

Agir pour la planète (la difficulté des choix): adressé au journal La Croix


Billet adressé au courrier des lecteurs du journal La Croix le 25/09/2019 (mais non encore publié à ce jour) 

Agir pour la planète (la difficulté des choix):

Je ne partage pas le choix de La Croix du 23 septembre qui désigne en première priorité pour agir sur le climat : « consommer moins d’énergie ». Loin d'être dénué d’intérêt, n’est-ce pas oublier néanmoins que la priorité des priorités est plutôt de « consommer moins d’énergies émettrices de CO2 » (gaz, charbon et pétrole) ? Comment pourrait-on demander à un chinois, un indien ou surtout un africain de « consommer moins d’énergie » quand ils aspirent légitimement au même bien-être que nous, indissociable de leur accès à plus d'énergie, et, notamment, à l’électricité. Un exemple pour montrer la difficulté des choix et les risques d'incohérence dans l'affectation de l'argent public à nos priorités climatiques: celui des « passoires thermiques ». Bien sûr il faut isoler nos habitations, mais il y a bien plus urgent et bien plus efficace ! Refaire une isolation pour réduire d'un tiers voire de moitié les déperditions thermiques d'un logement coûte environ 20000 euros. Mais remplacer une chaudière de chauffage au gaz par une chaudière électrique coûte dix fois moins cher et peut faire économiser vingt fois plus de CO2 même sans pompe à chaleur (tout simplement parce que le gaz émet 270 grammes de CO2/kWh – source : ADEME ; alors que l’électricité nucléaire n’émet en France que 4 grammes de CO2/kWh – source : bilan carbone EDF ; la consommation moyenne annuelle de chauffage par foyer étant d’environ 10000 kWh gaz ou électrique). Il suffit alors, sans taxe ni dépense publique supplémentaire, qu’EDF propose des contrats d'électricité « 100% nucléaire ». Après tout, il existe bien déjà des contrats de fourniture d'électricité « 100% renouvelable ».

Jean-Luc SALANAVE

jeudi 19 septembre 2019

la guerre aux passoires thermiques c'est bien, celle contre le chauffage au gaz c'est dix fois moins cher et vingt fois mieux pour le climat


Passoires thermiques et cohérence climatique

Au cas où nous ne serions pas encore convaincus des incohérences de notre politique écologique et du fossé qui sépare les critères d’affectation des dépenses publiques de leur réelle efficacité climatique le gouvernement vient de nous livrer un nouvel exemple : celui des passoires thermiques.

Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire, vient d’annoncer (JDD du 08/09/19) le déblocage sur la période 2020-2024 de 200 millions d’euros destinés à soutenir des travaux de rénovation thermique.

S'attaquer aux passoires thermiques pour réduire les besoins de chauffage et limiter ainsi les pollutions qui dérèglent le climat c'est bien, et il faut le faire.

Faut-il le faire avec de l'argent public, ou du moins est-ce la meilleure utilisation de l'argent public en faveur du climat ? La réponse est non.

Petit calcul :

Avec 200 millions d’euros on peut rénover thermiquement 10000 passoires thermiques en supposant une dépense de 20000€ par habitation (certaines des aides envisagées peuvent même atteindre 30000€).

En France le besoin d’énergie de chauffage d’une habitation est en moyenne de 10000 kilowattheures thermiques (kWh) par an (ce chiffre ne dépend pas du moyen de chauffage mais seulement des déperditions). Ces déperditions sont d’environ: 30% par la toiture, 25% par les murs, 20% par la ventilation, 15% par les vitrages, le reste par le plancher bas et les ponts thermiques.

Les spécialistes estiment qu’avec des travaux d’isolation efficaces on peut espérer gagner jusqu’à 50% de sa facture énergétique (en améliorant plus que la toiture), soit en moyenne 5000 kWh par habitation, et donc 50 millions de kWh/an pour 10000 « passoires thermiques » rénovées.

Si on commençait par isoler, comme le voudrait la logique, celles qui sont chauffées au gaz (qui émet tout de même 270 grammes de CO2 par kWh thermique - source ADEME) on gagnerait 13500 tonnes de CO2/an (270 grammes x 50 millions de kWh). Déjà ça pourrait-on penser !

Mais avec les mêmes 200M€ on pourrait aussi remplacer les chaudières gaz de 100000 habitations (soit dix fois plus) par des chaudières électriques (2000€/chaudière).

Et cerise climatique sur le gâteau, en plus de traiter 10 fois plus de passoires thermiques pour le même prix (toujours 200 M€ dans notre calcul), le bilan CO2 s’avère dans ce cas encore plus réjouissant.

En effet, il suffit d’imposer (sans aucune dépense de l’Etat) que cette électricité consommée en remplacement du gaz soit d’origine nucléaire. Il suffirait pour cela que les consommateurs passent avec EDF un contrat « 100% nucléaire » (après tout il y a bien des contrats 100% renouvelables !)

Et comme l’électricité nucléaire d’EDF ne rejette que 4 grammes de CO2 par kWh (sur tout son cycle de vie incluant minerai, enrichissement, traitement des déchets et démantèlements futurs – source rapport d’activité EDF*) on économiserait 266000 tonnes de CO2 par an (270 moins 4 gCO2, multipliés par 10000kWh et par 100000 logements) contre seulement 13500 tonnes de CO2 avec le scénario d’isolation de notre gouvernement. Vingt fois mieux !

Le résultat est édifiant ! Passer du chauffage gaz au chauffage électrique coûterait 10 fois moins cher par logement et ferait économiser 20 fois plus de CO2 que l’isolation des passoires thermiques annoncée par la Ministre. Pourquoi ne le fait-on pas ? A quoi sert donc la très coûteuse ADEME sensée conseiller nos dirigeants sur une transition énergétique qui devrait viser à réduire nos émissions de CO2 plutôt qu’à racketter les citoyens ?

Jean-Luc SALANAVE
19/09/2019

*note : sur l’ensemble de son « cycle de vie » l’électricité nucléaire émet 12gCO2/kWh nucléaire en moyenne mondiale selon le GIEC ; EDF n’émet que 4gCO2/kWh (voir bilans carbone EDF, car en France l'enrichissement de l’uranium, le traitement des déchets, etc … sont faits avec de l'électricité décarbonée). Source : https://www.edf.fr/groupe-edf/producteur-industriel/nucleaire/atouts/emissions-de-co-sub-2-sub

jeudi 1 août 2019

Dérèglement climatique: après les demi-mesures l’urgence de vraies solutions


Dérèglement climatique
Après les demi-mesures l’urgence de vraies solutions


Ne tirons pas sur Greta
Applaudie par les uns, critiquée par les autres, Greta Thunberg interpellant cet été les parlementaires français, puis le président Donald Trump et plus généralement les adultes sur le dérèglement climatique a au moins eu le mérite de nous rappeler notre coupable inefficacité climatique.

Pour les uns, la séance parlementaire du 23 juillet 2019 à Paris n’aura fait qu’« enfoncer des portes ouvertes », Greta et les autres intervenants se contentant de rabâcher une fois de plus le constat alarmiste des scientifiques.

Certes, ce constat est inquiétant: les émissions mondiales de CO2 ne sont toujours pas orientées à la baisse (elle avoisinent 40 milliards de tonnes par an) ; les experts prédisent un risque climatique majeur au-delà de 1,5°C ; le « crédit CO2 de l’humanité» avant la « catastrophe » est désormais inférieur à 400 milliards de tonnes, soit moins de 10 ans …

Puisque ces rappels de Greta Thunberg n’ont pas semblé inutiles, on se doit bien de saluer sa contribution à cet effort d’éducation des quelques retardataires de la prise de conscience climatique, et, s’il en était encore besoin, à l’information des parlementaires présents.

Mais le GIEC a été créé en 1988 et notre prise de conscience écologique s’est même développée depuis mai 1968. Combien de scientifiques et de « Gretas » ont déjà lancé ce même cri d’alerte depuis 50 ans ?

Que de temps perdu ! Ce n’est plus de « Gretas » et de lanceurs d’alerte dont l’humanité a urgemment besoin aujourd’hui, mais de réels artisans et bâtisseurs efficaces de la transition énergétique.

La seule question qui vaille désormais ce n’est plus celle de l’alerte mais celle des remèdes au dérèglement climatique. Or, une fois de plus, les solutions ont été cruellement absentes de la séance parlementaire du 23 juillet. Que devons-nous faire ? Qu’avons-nous fait ces dernières années pour que les résultait soient si décevants ? Allons-nous enfin agir efficacement ?

Trois champs de bataille climatique contre le carbone: électricité, transport et chauffage

Non sans malice certains ne se sont pas privés, lors de l’intervention de la jeune suédoise en juillet, de faire remarquer que cette jeune fille se mêlait de faire la leçon à la Suède et la France, deux pays qui sont précisément des modèles climatiques, et déjà en tête des pays développés les moins émetteurs de CO2.

En effet, il y a trente ans déjà que nos deux pays ont gagné la première des trois batailles climatiques : celle du verdissement de leur électricité, grâce à leurs programmes électro-nucléaires.

Les scientifiques reconnaissent d’ailleurs, et c’est déjà une bonne nouvelle pour rassurer les plus jeunes, qu’il suffirait de généraliser au reste du monde les modèles électriques vertueux de la France et de la Suède pour résoudre le problème climatique de la planète.

Mais cela ne doit pas faire oublier les autres « batailles » qui restent à mener contre le dérèglement climatique, celle des transports et celle du chauffage : il nous reste à éradiquer l’essence de nos véhicules et à nous débarrasser de nos chauffages carbonés (gaz naturel, fuel et charbon).

Et puisque l’électricité[1] est incontestablement appelée à se généraliser et à devenir demain le premier vecteur énergétique mondial notamment dans les pays en développement, il est des pièges dans lesquels il ne faut pas tomber.
En France par exemple, la réussite de notre première transition électrique il y a trente ans ne nous autorise pas pour autant certaines incohérences de notre transition actuelle.

En effet, ce que les spécialistes appellent notre « empreinte carbone » augmente depuis 4 ans. Pourquoi ? Parce que nous en délocalisons hypocritement de plus en plus (plus de la moitié) dans nos importations, dont les jeunes eux aussi sont responsables et friands (téléphones, jeux vidéo, produits informatiques et connectés, …): il faut savoir par exemple que les fours de fabrication de nos capteurs solaires importés de Chine sont nuisibles au climat car consommateurs de charbon ; nous importons aussi et importerons de plus en plus d’électricité charbon d’Allemagne lors des pointes hivernales, afin de compenser notre retard à renouveler notre parc nucléaire, et, demain, pour pallier l’arrêt des réacteurs de Fessenheim (contre toute logique climatique, économique et environnementale).

Résultat : chaque français émet chaque année environ 5 tonnes de CO2 en France, auxquelles s’ajoutent environ 7 tonnes de CO2 dues à nos importations, ce qui porte notre « empreinte CO2 » réelle sur la planète à environ 12 tonnes de CO2 par an[2], soit presque le double de celle d’un chinois.

Face à l’urgence écologique le temps presse. Et on tourne en rond.

Une vraie économie verte et solidaire est possible, qui profite au climat et au bien commun, et non plus aux seuls écolo-spéculateurs de la finance climatique

Depuis 10 ans les politiques climatiques européennes sont un échec. Certes elles nous ont fait dépenser des milliards, mais en oubliant d’exiger une garantie de résultat, résultat climatique s’entend.
Et en matière de dérèglement climatique il faut bien reconnaitre que « dépenser plus » est loin d’être synonyme de « polluer moins » !

Les politiques européennes de transition énergétique, trop systématiquement financiarisées, faites de taxes, de certificats d’émissions, d’obligations d’achat et de généreuses subventions ont surtout bénéficié au nouveau « capitalisme vert », aux lobbies des renouvelables et du gaz et à la spéculation financière, avec des effets très souvent décevants sur les émissions de CO2 et le climat.

En France il aura fallu la crise des « gilets jaunes » pour rappeler que le but ne doit pas être de taxer plus mais de polluer moins. Combien de décideurs politiques et de ministres de l’environnement ont cru ou croient encore que leur pouvoir serait proportionnel au montant des dépenses soi-disant « climatiques » qu’ils imposent aux contribuables !
Malheureusement, la tendance à privilégier les milliards dépensés plutôt que les tonnes de CO2 évitées ne semble pas faiblir comme en témoigne l’actualité récente.

Pour exemple la frénésie dépensière du Président de la Commission Environnement du Parlement Européen (un français) qui à peine nommé en juillet proposait déjà « qu’au moins 30% des dépenses du budget européen » soient consacrés à la transition écologique (Les Echos, 28/08/19)!

Autre exemple : comment ne pas être scandalisé par la révélation ce 23 août par la Commission Européenne que la France venait d’accorder un prix de rachat faramineux, 155 euros par mégawattheure (MWh) pendant vingt ans, au projet éolien off-shore de Saint-Brieuc ; soit pour le consommateur une électricité 5 fois plus chère que celle produite par la centrale nucléaire de Fessenheim (qu’on voudrait fermer !) ou 3 fois plus chère que le prix de marché moyen !

Cela signifie que les opérateurs de ce seul parc éolien de Saint-Brieuc (de seulement 500 MW, sans parler des autres parcs) prendront légalement dans la poche des contribuables plus de 4 milliards d’euros de subventions entre 2022 et 2042 ! De quoi faire enfler un peu plus les taxes sur les carburants et continuer à mobiliser les gilets jaunes ! D’autant que de tels cadeaux consentis à des opérateurs financiers et à leurs banques d’affaires sont totalement inutiles au climat car ne réduisant pas de la moindre tonne les émissions de CO2 de notre pays.

Notre Ministre de la transition écologique et solidaire (sic !) ne s’en est pas vantée à la presse, heureusement que l’Europe est plus transparente pour publier nos turpitudes écologiques (que malheureusement elle continue à valider).

Et ce n’est pas tout. En plus de ce prix de rachat garanti exorbitant de 155€/MWh, le contribuable devra aussi supporter les coûts de raccordement de ces éoliennes au continent, autre « cadeau » aux promoteurs, pris en charge par RTE afin de satisfaire la demande du président Macron que le prix facial exagéré soit « renégocié » à la baisse !

Comment le président de RTE (qui annonce vouloir faire dépenser 15 milliards supplémentaires d’ici 2020 aux consommateurs, notamment pour gérer l’intermittence des renouvelables) compte-t-il rassurer les gens honnêtes qui se demandent qui se cache et s’enrichit sur le dos des contribuables dans ces magouilles éoliennes (et photovoltaïques) hors de prix, et pourtant légales depuis que la loi LTECV de 2015 est devenue complice de ces scandales et spéculations climato-financières ?

Au cas où nous ne serions pas encore convaincus des incohérences de notre politique écologique et du fossé qui sépare les critères d’affectation des dépenses publiques de leur réelle efficacité climatique le gouvernement vient de nous livrer un autre exemple : celui des passoires thermiques.

Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire, vient d’annoncer (JDD du 08/09/19) le déblocage sur la période 2020-2024 de 200 millions d’euros destinés à soutenir des travaux de rénovation thermique.

S'attaquer aux passoires thermiques pour réduire les besoins de chauffage et limiter ainsi les pollutions qui dérèglent le climat c'est bien, et il faut le faire.

Faut-il le faire avec de l'argent public, ou du moins est-ce la meilleure utilisation de l'argent public en faveur du climat ?

La réponse est non. Un rapide calcul permet de s’en convaincre (voir : https://salanave.blogspot.com/2019/09/la-guerre-aux-passoires-thermiques-cest.html)

Le résultat est édifiant ! Passer du chauffage gaz au chauffage électrique coûterait 10 fois moins cher par logement et ferait économiser 20 fois plus de CO2 que l’isolation des passoires thermiques annoncée par la Ministre (et 60 fois plus de CO2 avec des pompes à chaleur, mais là c’est plus cher).

Pourquoi ne le fait-on pas ? A quoi sert la très coûteuse ADEME censée conseiller nos dirigeants sur une transition énergétique qui devrait réduire nos émissions de CO2 plutôt que racketter les citoyens ?

La France a démontré il y a trente ans que le défi était relevable. L’exemple de l’hydraulique et du nucléaire sont reproductibles et peut-être transposables à d’autres énergies. Nos 58 réacteurs ont été financés sans taxer les citoyens, sur des emprunts et de l’autofinancement qui n’ont rien coûté au contribuable.

Tous les coûts de financement ont été remboursés à travers le prix du kWh par les consommateurs (pas par le contribuable). Ce financement a pourtant été indolore car nous bénéficions depuis trente ans des kWh parmi les moins chers d’Europe (près de deux fois moins chers qu’en  Allemagne).

Comment ce miracle a été possible ? Parce que tous les fondamentaux de ce choix historique étaient bons : économiques, techniques, environnementaux, sans parler de l’indépendance procurée. Est-ce le cas aujourd’hui du solaire et de l’éolien ? Non, sur aucun de ces quatre critères.

Une vraie économie verte et solidaire est possible, respectueuse des finances publiques et du contribuable, respectueuse du climat, des ressources naturelles et des jeunes générations. Ce n’est qu’une question d’analyse logique, de volonté politique et de motivation citoyenne.

Jean-Luc SALANAVE, le 22 Septembre 2019
Professeur à l’Ecole Centrale de Paris et à l’Institut Franco-Chinois de l’Energie à Zhuhai


[1] Avec une petite place pour l’hydrogène, qui n’est lui aussi qu’un vecteur énergétique, pas une énergie primaire
[2] Sources : Eurostat ; INSEE ; statistiques.developpement-durable.gouv.fr ; CITEPA